SCENE IX
CLEONTE, COVIELLE.
Cleonte.
Quoy! traitterun amant de la sorte? et un amant le plus fidelle et le plus passionné de tous les amans?
Coviei.le.
C'est une chose épouvantable que ce qu'on nous fuit à tous deux.
Je fais voir pour une personne toute l'ardeur et toute la tendresse qu'on peut imaginer; je n'aime rien au monde qu'elle, et je n'ay qu'elle dans l'esprit ; elle fait tous mes soins, tous mes désirs, toute ma joye; je ne parle que d'elle, je ne pense qu'à elle, je ne fais des songes que d'elle, je ne respire que par elle, mon eœnr vit tout en elle : et voila de tant d'amitié la digne récompense! Je suis deux jours sans la voir, qui som.;>our moy deux siecleseifroyables; je la rencontre pac hazard; mon cœur à cette veuë se sent tout transporté, ma joye éclate sur mon visage; je vole avec ravissement vers elle, et Finfîdelle détourne de moy ses regards,