‹ L'impromptu de VersaillesChapitre 25 sur 39 · SCÈNE III MOLIÈRE, LA GRANGE, Etc · texte numérisé non relu

SCÈNE III MOLIÈRE, LA GRANGE, Etc

Ah! que le monde est plein d'impertinents! Or sus, commençons. Figurez-vous donc premièrement que la scène est dans l'antichambre du Roi, car c'est un lieu où il se passe tous les jours des choses assez plaisantes. Il est aisé de faire venir là toutes les personnes qu'on veut, et on peut trouver des raisons même pour y autoriser la venue des femmes que j'introduis. La comédie s'ouvre par deux marquis qui se recontrent. [A La Grange.) Souvenez-vous bien, vous, de venir comme je vous ai dit, là, avec cet air qu'on nomme le bel air, peignant votre perruque et grondant une petite chanson entre vos dents. « La, la, la, la, la, la! » Rangez-vous donc, vous autres, car il faut du ter-

rain à deux marquis, et ils ne sont pas gens à tenir leur personne dans un petit espace. [A La Grange.) Allons, parlez.

La Grange.

« Bonjour, Marquis. »

Molière.

Mon Dieu, ce n'est point là le ton d'un marquis: il faut le prendre un peu plus haut, et la plupart de ces messieurs affectent une manière de parler particulière pour se distinguer du commun. « Bonjour, Marquis. » Recommencez donc.

La Grange.

« Bonjour, Marquis.

Molière.

« Ah ! Marquis, ton serviteur.

La Grange.

« Que fais-tu là?

« Parbleu! tu vois, j'attends que tous ces messieurs aient débouché la porte pour présenter là mon visage.

La Grange.

« Têtebleu ! quelle foule ! Je n'ai garde de m'y aller frotter, et j'aime bien mieux entrer des derniers.

Molière.

« Il y a là vingt gens qui sont fort assurés de

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