SCÈNE m
n'entrer point, et qui ne laissent pas de se presser et d'occuper toutes les avenues de la porte. La Grange.
« Crions nos deux noms à l'huissier, afin qu'il nous appelle.
Molière.
« Cela est bon pour toi; mais, pour moi, je ne veux pas être joué par Molière.
La Grange.
« Je pense pourtant, Marquis, que c'est toi qu'il joue dans la Critique.
Molière.
« Moi ! je suis ton valet ; c'est toi-même en propre personne.
La Grange.
« Ah! ma foi, tu es bon de m'appliquer ton personnage.
Molière.
(( Parbleu! je te trouve plaisant de me donner ce qui t'appartient.
La Grange.
« Ha ! ha ! ha ! cela est drôle.
Molière.
« Ha! ha! ha! cela est bouffon.
La Grange.
« Quoi ! tu veux soutenir que ce n'est pas toi qu'on joue dans le marquis de la Critique^
Molière.
« Il est vrai, c'est moi. « Détestable, morbleu! (f détestable! Tarte à la crème! » C'est moi, c'est moi, assurément, c'est moi.
La Grange.
« Oui, parbleu! c'est toi; tu n'as que faire de railler; et, si tu veux, nous gagerons, et verrons qui a raison des deux.
Molière.
« Et que veux-tu gager encore?
La Grange.
« Je gage cent pistoles que c'est toi.
Molière.
« Et moi, cent pistoles que c'est toi.
La Grange.
« Cent pistoles comptant?
Molière.
« Comptant. Quatre-vingt-dix pistoles sur Amyntas, et dix pistoles comptant.
La Grange.
« Je le veux.
Molière.
« Cela est fait.
La Grange.
(( Ton argent court grand risque.
Molière.
« Le tien est bien aventuré.