‹ L'impromptu de VersaillesChapitre 26 sur 39 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

n'entrer point, et qui ne laissent pas de se presser et d'occuper toutes les avenues de la porte. La Grange.

« Crions nos deux noms à l'huissier, afin qu'il nous appelle.

Molière.

« Cela est bon pour toi; mais, pour moi, je ne veux pas être joué par Molière.

La Grange.

« Je pense pourtant, Marquis, que c'est toi qu'il joue dans la Critique.

Molière.

« Moi ! je suis ton valet ; c'est toi-même en propre personne.

La Grange.

« Ah! ma foi, tu es bon de m'appliquer ton personnage.

Molière.

(( Parbleu! je te trouve plaisant de me donner ce qui t'appartient.

La Grange.

« Ha ! ha ! ha ! cela est drôle.

Molière.

« Ha! ha! ha! cela est bouffon.

La Grange.

« Quoi ! tu veux soutenir que ce n'est pas toi qu'on joue dans le marquis de la Critique^

Molière.

« Il est vrai, c'est moi. « Détestable, morbleu! (f détestable! Tarte à la crème! » C'est moi, c'est moi, assurément, c'est moi.

La Grange.

« Oui, parbleu! c'est toi; tu n'as que faire de railler; et, si tu veux, nous gagerons, et verrons qui a raison des deux.

Molière.

« Et que veux-tu gager encore?

La Grange.

« Je gage cent pistoles que c'est toi.

Molière.

« Et moi, cent pistoles que c'est toi.

La Grange.

« Cent pistoles comptant?

Molière.

« Comptant. Quatre-vingt-dix pistoles sur Amyntas, et dix pistoles comptant.

La Grange.

« Je le veux.

Molière.

« Cela est fait.

La Grange.

(( Ton argent court grand risque.

Molière.

« Le tien est bien aventuré.

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