VIII NOTICE
jours de là les premières joies de la maternité^. La guerre était déchaînée et fut cruelle. Cependant, Molière, impitoyable pour les mauvais comédiens et les méchants poètes, garda la juste mesure du côté de la cour. Il osa bien, dans l'Impromptu et devcmt le Koi, qualifier les marquis du jour de (.( plaisants de la comédie », mais, lorsqu'il s'agit de mettre un nom propre sur le marquis de la Critique et de départager deux seigneurs qui se disputaient l'honneur d'avoir servi de modèle au poète comique, Molière proteste par la bouche de Brécourt : c Vous êtes fous de vouloir vous appliquer ces sortes de choses, et voilà de quoi j'ouïs l'autre jour se plaindre Molière, parlant à des personnes qui le chargeoient de même chose que vous; il disoit que rien ne lui donnoit du déplaisir comme d'être accusé de regarder quelqu'un dans les portraits qu'il fait; que son dessein est de peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes, et que tous les personnages qu'il représente sont des personnages en l'air, et des fantômes proprement qu'il habille à sa fantaisie pour réjouir les spectateurs; qu'il seroit bien fâché d'y avoir jamais marqué qui que ce soit, et que, si quelque chose étoit capable de le dégoûter de faire
I. La pièce de De Villiers fut représentée pour la première fois le i3 décembre i663; et M™^ Molière accoucha de son premier enfant le 19 janvier 1664.