‹ L'impromptu de VersaillesChapitre 6 sur 39 · ZÉLINDE · texte numérisé non relu

ZÉLINDE

La comédie de Montfleury est la moins niordante, et cependant il avait quelque droit à exercer des représailles, puisque Molière avait parodié publiquement le jeu de son père, Montfleury le coniédien, ce monarque si puissamment « entripaillé », dont Cyrano de Bergerac s'était moqué bien avcuit Molière.

NOTICE vu

Mais le gros homme ne se trouva pas suffisamment vengé par la comédie de son fils, et, à la mênie date, il adressa au Koi une requête, tranchons le mot, une dénonciation contre Molière. Le fait est constaté par une lettre de Racine à Vahbé Le Vasseur, datée de décenibre i663. Montfleury n accusait pas Molière, comme on l'a trop souvent répété, d'avoir épousé sa propre fille, mais, qu'on me pardonne la fidélité de cette citation, « d'avoir épousé la fille après avoir couché avec la mère » . Telle est textuellement la phrase de Racine, longtemps défigurée par les scrupules de ses éditeurs. La honteuse démarche de Montfieury n'eut aucune suite.

Quant au comédien De Villiers, exaspéré de se voir publiquement contrefait par Molière, et de n'avoir pu trouver un vengeur parmi les marquis, il lança contre Molière une insinuation déshonnête , qui n'a pas été perdue pour la postérité crédule. Molière, dans une boutade de la scène v de l'Impromptu, dénombrait plaisamnient, parmi les spectateurs de VHôtel de Bourgogne prêts à applaudir la pièce de Boursault, « onze marquis, six précieuses, vingt coquettes et trente cocus » . De Villiers proteste qu'il y en avait au moins trente et un le jour où Molière alla voir la pièce de Boursault. Pure invective, sans base et sans portée, dépourvue d'ailleurs de toute vraisemblance, contre cette jeune femme qui allait éprouver à quelques

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