SCÈNE VI Il
même je me suis reprise et, le lendemain, chez la dame, j'étais là.
MADAME DE BÉRANGES
Ça ne m'étonne pas... vous me paraissez être de celles qui sont là, vous.
BERTHE
J'ai dit à cette dame que j'avais réfléchi, que j'étais bien décidée, que je l'épouserais. Mais, avant de le revoir, j'ai demandé qu'on me donne son portrait, tel qu'il était maintenant, pour que je m'habitue... parce qu'on est sûre de son cœur, n'est-ce pas ? mais on n'est pas sûre de ses nerfs... On a donc fait son portrait, sans lui dire pourquoi, naturellement... je ne sais pas sous quel prétexte...
MADAME DE BERANGES
On a dû lu dire que c'était un docu-
ment dont le chirurgien avait besoin.
BERTHE
Probablement, et, pendant trois jours, j'ai regardé cette photographie... oui je l'ai bien regardée... j'y ai ajouté, par la pensée, la couleur et aussi d'autres choses que la photographie ne donne pas... de sorte que, le jour où je l'ai revu, lui, je n'ai pas eu de surprise... du moins, je n'ai pas eu de faiblesse... enfin, il n'a rien vu.
MADAME DE BÉRANGES
Et il était content ?
BERTHE
Oh ! oui... tout de même il ne pouvait pas encore croire que je serais sa femme... après le renoncement, c'était maintenant trop d'espérance et de joie. Alors, voilà qu'il s'est mis