SCENE VII
l'envi : « Vous êtes des héros I » mais je crains que Toubli ne vienne vite...
on s'occupera bien de nous d'abord pendant quelque temps; mais je ne donne pas cinq ans... cinq ans !..deux ans I avant qu'on ne voie en nous des invalides, des infirmes.
MADAME DE BÉRANGES
Ne dites pas ça... ne dites pas ça...
LE SOLDAT
Madame ( . . .
MADAME DE BERANGES
Il ne faut pas dire ces choses-là ici, ni autre part, d'ailleurs. Ne vous assombrissez donc pas la fierté d'avoir fait votre devoir... car vous l'avez, cette fierté.., et, tout à l'heure, quand vous nous avez dit que vous aviez sauté le premier dans la tranchée, nous
i3o l'impromptu du paquetage
avons bien vu quel éclair passait da ns vos yeux.
LE SOLDAT
Vous ne m'avez pas compris.
MADAME DE BERANGES
Mais si, je vous ai très bien compris : vous doutez de nous. Comment pourrions-nous oublier ? Pourquoi ceux qui n'ont pas eu l'honneur de se battre n'auraient-ils pas du moins le facile honneur de se souvenir ? Qu'est-ce qui vous fait penser que le pays n'acquittera pas la dette sacrée, la dette matérielle et morale qu'il a contractée envers vous ? Songez donc que si une telle ingratitude était possible, ce serait la faillite de la France, de cette France qui s'est ressaisie, qui s'est révélée, si belle devant le péril, devant l'injustice de la force... car, elle