‹ L'impromptu du paquetage; pièce en un acteChapitre 62 sur 65 · SCÈNE VII l3l · texte numérisé non relu

SCÈNE VII l3l

est belle, il n'y a pas à dire... et la faillite de la France n'est pas possible. Vous êtes des héros aujourd'hui et dans cinq ans, dans vingt ans, vous serez toujours des héros pour nous qui vous avons vus à l'œuvre et, aussi, pour ceux qui viennent après nous, pour nos petits-enfants qui liront votre histoire, émerveillés ! Si l'avenir vous paraît sombre, si vous prévoyez l'indifférence, le détachement^ l'oubli, l'ingratitude, vous vous trompez... non, non, ce n'est pas possible. Alors toutes les mères, toutes les filles, toutes les sœurs, toutes les amies oublieraient ?

tous les pères, tous les fils et tous les frères aussi ? Moi, par exemple, qui outre un fils que j'ai là-bas, simple soldat comme vous, moi qui ai l'honneur d'être la marraine d'une demidouzaine de filleuls à qui j'étais en

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train d'écrire, tenez, quand vous êtes venu, que je ne connais pas, que je n'ai jamais vus, la guerre terminée, je ne m'en occuperais plus ? Ah ! je ne serais vraiment pas curieuse et je vous assure que j'aurai grande envie de les connaître, au contraire... et il y a beaucoup de femmes comme moi.

Les sceptiques, les dilettantes qui disent que la France oubliera trop vite, ce sont les diseurs de paroles asphvxiantes, ne les écoutez pas... bouchez-vous les oreilles... et même le nez. C'est comme ceux qui prétendent que rien ne sera changé... après. Eh bien, ils disent une bêtise... à la suite d'un tel tremblement, d'un tel bouleversement, il serait vraiment extraordinaire que rien ne soit changé dans rien. Tout sera changé dans tout, au contraire. Une chose certaine, c'est

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