SCÈNE VII l
que tous ceux qui se seront penchés sur vos blessures, tous ceux qui se seront penchés sur la misère de vos enfants et de vos femmes, ceux-là, et ils sont nombreux, n'oublieront pas.
Croyez-vous qu'une œuvre comme la nôtre fermera après la guerre, comme une boutique de ville d'eaux ferme après la saison ? Non, non, elle continuera à fonctionner... ainsi que bien d'autres œuvres. 11 s'en créera aussi de nouvelles, autour de la France convalescente... car il y aura bien de la misère à soulager et tant de consolation à répandre.
LE SOLDAT
Oh ! lesœuvres ne manqueront pas...
et on nous donnera toujours à manger ; m.ais l'homme ne vit pas de pain seulement.
i34 l'lmpromptu du paquetage
MADAME DE BÉRANGES
Ce ne sera pas seulement de la charité, de la pitié, de la philanthropie; mais aussi de l'estime, de l'admiration, de la reconnaissance, de l'amour !
LE SOLDAT
Oh ! l'amour.
MADAME DE BERANGES
Mais oui, l'amour, le sacrifice, le dévouement, cette aide mutuelle qui doit être le but de l'humanité.
LE SOLDAT
Oui, cet àmour-là.
MADAME DE BERANGES
Et l'autre amour aussi. Oh ! je vois bien ce qui vous tourmente... Vous êtes jeune, vous avez peur de ne plus être aimé... Ah ! vous avez raison,