CONCLUSION
Ou l'abbé N. D. St Cyr a été incardiné validement au diocèse de London avant le dérret À primis, du 20 juillet 1898, ou son incardination doit être regardée comme invalide, Dans le premier cas, l'expulsion de l'abbé N. D. St Cyr de la paroisse qu'il dirigeait depuis vingt-deux ans est un abus de pouvoir qui doit être réprimé ; dans le second cas, l'expulsion est un acte qui, au jugement de la S. Congrégation du Concile, dans la cause Bismarkien, est condamné par l’équité naturelle et canonique.
L'abbé N. D. St Cyr est un des plus dignes prêtres du diocèse de London, qui depuis vingt-deux ans s’est dépensé pour le salut des âmes dans sa pa oisse de La Pointe-aux- Roches. Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon l’accuse de l’a voir calomnié en écrivant qu'il avait d'fendu le français. Est-il bien vrai que l'abbé N. D. St Cyr a calomnié Monseigneur M. F. Fallon ? Non, la chose n’est pas vraie, et devant un tribunal impartial, il serait facile de démontrer que la déclaration de l’abbé N. D. St Cyr n’est ni malicieuse, ni fausse. Une chose acquise, c’est que Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon, alorsqu'il était
le Rév. Père Fallon, fut chassé de l'Université d'Ottawa à raison de son opposition violente à la langue française, Elu Evêque de London, quelques mois après sa consécration épiscopale, le 22 mai 1910, à Sarnia, il demandait une entrevue à un ministre du gouvernement d'Ontario. D'après un résumé de l'entrevue fait par le ministre lui-même et dont nous avons une copie signée de la main du ministre, Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon annonçait au Ministre “ qu'il avait résolu de faire disparaître jusqu'aux traces de l'enseignement bilingue dans les écoles publiques de son diocèse. "C'était dire de la manière la plus claire qu'il voulait le règne exclusif de l'anglais dans les écoles de son diocèse subventionnées par le gouvernement.
Dans la même entrevue, Sa Grandeur engageait le gouvernement d'Ontario “ à l'aider dans la campagne qu'il entreprenait de faire disparaitre des écoles publiques l'enseignement bilingue, ” ce. a. d. l'enseignement du français en même temps que de l'anglais, qui est la langue de l'école dans la province d'Ontario. Le gouvernement d'Ontario accepta l'invitation de Sa Grandeur et publia le fameux Règlement 17, qui pratiquement exelut la langue française des écoles publiques de la province.
Dans la même entrevue, Sa Grandeur “rejette avec mépris l'idée que l'on doive enseigner aux enfants leur langue maternelle en même temps que la langue de l'école, ‘ qui est la langue anglaise.
Au mois de septembre 1910, dans les écoles publiques du diocèse de London dirigées par les religieuses, l'on cesse, nonobstant les contrats faits avec les commissions sColaires, d'enseigner le français, Grand émoi chez les parents, chez les syndics des écoles, chez les curés. On demande des explications : les Sœurs répondent qu’elles ne sont pas libres, que pendant leur retraite “ Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon leur a défendu d'enseigner le français dans les écoles qu'elles dirigent. ”
L'Honorable Ministre du gouvernement a-t-il mal compris Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon ? Semblable accident est-il arrivé à toutes les Sœurs qui en 1910 enscignaient dans les écoles publiques du diocèse de London ? C'est ce que le peuple se refuse de croire. Aussi, quand Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon proteste qu’il n'a jamais défendu l’enseignement du français, le peuple de son diocèse ne croit pas à sa parole ; quand il traite de menteurs et de er aniateurs ceux qui portent cette aceusat ion, le peuple retourne ces épithètes injurieuses e rr Sa Grandeur ; quand, au printemps dernier, pendant la visite pastorale dans le comté d'Essex, dans telle église, il tendait la main vers le saint tabernacle pour protester avec plus de force qu’il n'avait jamais défendu le français, ceux qui, dans l'église, au mois de septembre 1910,avaient appris de la bouche des Sœurs “ qu’elles ne pouvaient plus enseigner le francais dans les écoles parce que Sa Grandeur Monseigneur M. F. Fallon le leur avait défendu, " soupçonnaient Sa Grandeur d'ajouter le sacrilège au mensonge.
Monseigneur M. F. Fallon a-t-il, oui ou non, défendu le français ? C’est une question de fait qui pourrait être facilement établie devant un tribunal impartial et compétent. Déjà les curés du diocèse de London ont déposé devant la S. Congrégation Consistoriale une humble süipplique dans laquelle-ils demandent qu'un Commissaire Apostolique vienne dans le diocèse de London et y interroge les religieuses, les prêtres, les syndics des écoles et tous ceux dont le témoignage peut être utile à la vérité.
Sa Grandeur Monseigneur Fallon disait à l'abbé N. D. St Cyr: Prouvez la vérité de votre déclaration ou rétractez-la. L'abbé N. D. St Cyr ne peut rétracter une déclaration qu'il a faite de bonne foi au tribunal supérieur et qu'il a toutes les raisons de croire vraie. N'ayant pas le pouvoir judiciaire qui lui permette de citer et d'interroger des témoins pour prouver qu'il n'a ni malicieusement ni faussement accusé Sa Grandeur, il a invité Sa Grandeur à aller avec lui devant un tribunal compétent et impartial, comme serait celui de Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque de Toronto, ou celui de Son Excellence le Délégué Apostolique. Monseigneur Fallon a refusé l'invitation ; Monseigneur préfère un tribunal qu'il érige lui-même, à qui il confère son autorité et qu'il peut diriger À sa volonté. C’est par un semblable procédé qu'il est arrivé à dire que l'abbé N. D. St Cyr l'avait accusé malicieusement et faussement et qu'il était justifiable, nonobstant 22 années d'une vie sacerdotale irréprochable, de le chasser de son diocèse et de le mettre dans le chemin sans resources À la recherche d'un Evêque.
ALLEGATUM 1!
St. Peter's Palace, London, Dee, 2nd 1892.
Rt Rev. Elphege Gravel, D. D.
Bishop of Nicolet.
My Lo»,
Mans thanks for your courteous letter of the 30th ult. ant the good wishes it expresses in my regard. You have made my first dealing with you so pleasent that LE shall not hesitate to trouble you again when occasion offers.
Your recommandation of Rev. N. D. $ Cyr is so favorable that L shall write him today to offer him the parish in question. I am most anxious to procure good pastors for my canadian people of whom I have several parishes.
L have lived amongst them for twenty years and 1 knew how to appreciate them. Lam very grateful to your Lordship for coming to my aid in this case and Tam sure the parish will be also.
I remain, my Lord, with respect, Yours very gratefully, (£igné) Dexis O’CoNNoR, Bishop of London.
P.S. Your Lordship will not find fault with me for not replying to your letter in French. 1 read it easely, speak it passably, but do not trust myself to write it correctly.
(Signé) D. O'C.
Conforme à copie certifiée.
ALLEGATUM 2.
St. Peter's Palace, London, Dec. 2nd 1892.
Reverend N. D. St Cyr.
REVEREND AND DEAR SIR, I reccived your letter of the 17th ult. and the information given was found satisfactory. Before accepting your services, I thought it better to write to Monseigneur Gravel
and to get his approval of your coming to this diocese. Monseigneur speaks highly of you and will be glad to have you come here,
L'have a canadian parish vacant at present, the late pastor having resigned on account of his poor health. 1t is a larg: parish and needs the services of a zealous and active priest. Loffer it to you and if you accept it 1 would like you to take possession without delay. Come to London, where I «hall put you au courant of the state of the parish. Please let me know on what day 1 may expect you 80 that I may send a priest to introduce you into the parish.
1 remain, dear Reverend Sir, Yours very sincerely, (Signé) Denis O'Connor, Bishop of Lon Conforme à l'original.
ALLEAGTUM 3
Je, soussigné, N. D. St Cyr, ptre, déclare sous la foi du serment :
1. — Que je suis entré dans le diocèse de London le 9 décembre 1892, du consentement mutuel de Sa Grandeur Monseigneur Denis O'Connor, Evêque de London, et de Sa Grandeur Monseigneur Elphège Gravel, Evêque de Nicolet ;
2.— Que sa Grandeur Monseigneur Denis O'Connor m'a considéré comme ayant incardiné tacitement au diocèse de Landon ;
3.— Que Sa Grandeur Monseigneur Elphège Gravel m'a considéré comme étant quitté définitivement le diocèse de Nicolet ;
4, — Que Sa Grandeur Monseigneur MeEvay, qui succéda À Sa Grandeur Monseigneur D. O'Connor en 1899, a lui aussi jugé que j'avais été incardiné tacitement au diocèse de London avant le 20 juillet 1898 ;
5.— Que je demandai un jour à Sa Grandeur Monseigneur P. F. Me Evay s'il ne serait pas mieux pour moi de demander des lettres d'incardination et que Sa Grandeur me dit que j'appartenais au diocèse de London, qu'il n'était pas nécessaire de me faire incardiner de nouveau, que je ne serais jamais dérangé ;
6.— Que de mon côté, je me suis toujours cru incardiné tacitement au diocèse de London ;
7. — Que si, dans quelque document, il m'est arrivé d'écrire que j'étais de Nicolet, cela voulait dire que j'étais né à Nicolet et que je venais de ce diocèse avant d'être incardiné au diocèse de London.
Fait à Alfred, Ontario, ce vingt-huitième jour de septembre 1914. (Signé) N. D. Sr Cye, ptre.
Assermenté devant moi, ce vingt-huitième jour de septembre 1914.
Gusrave EVANTUREL, L. S. Notaire.
Conforme à l'original,
ALLEGATUM 4
Je, rousigné, N. D. Sr Cv, ptre, déc'are sous la foi du serment :
mon frère, dont je m'étais rendu responsable,
1. Que, en 1807, Sa Grandeur Monseigneur Denis O'Connor, dans le diocèse de qui
j'étais depuis cinq ans, reçut d'un créancier « une lettre par laquelle il demandait à l'Evêque de xe rendre responsable d'un billet que j'avais endonsé ;
2. — Que Sa Grandeur Monseigneur Denis O'Connor m'éerivit en vette circonstance
une lettre très sévère dans laquelle il déclarait regretter de m'avoir incardiné à son diocèse et ne pouvoir plus me renvoyer ; 3. — Qu'avant donné à Sa Grandeur des expli
prochait, Sa Grandeur reconnut ma parfaite loyauté et m'éerivit une lettre que j'ai gardée
ions au sujet du fait qu'il me re-
anddeur me remit toute sa confiance,
et que je cite, dans laquelle Fait à Alfred, Ontario, ce vingt-huitième jour de septembre 1914
(Signé) N. D. Sr Cyn, pire.
Assermenté devant moi, ce vingt-huitième jour de septembre 1914.
STAVE ÉVANTUREL, Notaire.
Conforme à l'original.
ALLEGATUM 5.
London, Ont., Feb, 3rd 1897.
Reverend N. D. St Cyr.
ReverenD FR Sr Cyr,
L was absent when your letter reached me here, otherwise you would have had an earlier reply. Your explanation of things mentioned in my last is satisfactory and I regret I did not know the state of things sooner. I advise you to answer Mr Quintal's last letter : it will at least show your good will.
I have no desire to replace you at Stony Point by another. I have always been satisfied with your work as Pastor of souls and I have no doubt you will continue to give satisfaction.
Wishing you every success in removing the difieulties into which you have been drawn, L remain, deur Fn Mt Cyr, Yours very faithfully, Denis O'ConNnou, Bishop of London.
Conforme à l'original.
ALLEGATUM 6
Nicolet, le 16 juillet 1914.
A Sa Grandeur Monseigneur M. F, Fallon, D. D. Evêque de Londen, Ont.