‹ L'incendieChapitre 33 sur 42 · SCÈNE IL ALEXINA, DORIAN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ALEXINA, DORIAN

DORIAN

Madame. . . permettez. . . je dérange peut-être. . .

ALÏXrSA .

Non , monsieur, je vous attendais...

DORiAW , à part.

Comme elle me regarde ! . . . J'ai peur. . .

AT.EXiNAj à part.

Ah ! quelle différence ! ... Il est beaucoup mieux. . . {Haut) Hier , dans le désordre. . . Je craignais de ne pas vous avoir invité d'une manière assez pressante. . .

DORIA>"

Madame... certainement... après vous avoir vue, on est trop heureux pour ne pas chercher à vous revoir. ALEXi> A , à part .

Ah! l'autre n'aurait pas trouvé cela...

DOKIAN.

Et pourtant j^hésitais... je craignais que madame n'eût oublié.. .

ALXXIKA.

Que vous m'avez sauvée... que je vous dois la vie... oh ! non , jamais. . . Depuis hier, je nai pensé. . . [Se reprenant) qu'au service que vous m'avez rendu...

DOBIAX.

Laissez donc!... une bagatelle !... ce que tous les jours... ( Se reprenant ) ce que tous les jours je ferais encore. . .

ALEXINA

Ah! j'espère bien ne plus mettre votre générosité à l'épreuve. . . Quand je me rappelle voti'c danger ! . . .

DOBIAN.

Le mien , madame... je ne le sentais pas... mais le vôtre ! ... oh ! qu'il me donnait de force et de courage ! . . . En m'élançant sur le haut de cette tourelle qui allait s'engloutir... ces flammes qui nous environnaient... ces planches qui s'enfonçaient de toutes parts... les cris, l'efFroi de vos amis... je ne voyais rien... je n'entendais rien... je ne songeais qu'à vous sauver , oui , à vous sauver ou à périr avec vous... (^ part. ) C'est cela! chaud ! chaud !... comme aux Français ! . . .

ALEXINA

Ah ? j'ai le cœur serré , je ne perds pas un de vos pas , de vos mouvemens , un seul de vos périls. Votre voix , vos accens... vos traits... tout est là... parlez, parlez, je vous écoute!...

DORIAÎv .

Madame, voilà!... c'est fini!... mais je vous demande pardon de la manière dont tovit cela s'est passé... Je vous tenais dans mes bras... Je sentais se froisser sous ma main ces gazes , cette robe légère... votre tête était là sur mon épaule... vos cheveux flottaient autour de moi... ah ! je ne sentais pas tout mon bonheur ! . . ,

Air : d'Aristippe.

Dans ce désordre, An milieu de la flamnUli, Je vous portais pâle et sans mouvement : Vous n'étiez plus... et moi-même , madanae , Je me sentais mourir en ce moment.

Mais je vous presse... 0 boaheur ! je m'écrie ; Elle respire !... Et j'ai cru, j'en conviejtt. Que c'était vous qui me rendiez la vie Quand votre cœur a battu sur le mien ! Aussi , madame , lorsque je vous ai vue revenir. . . j'étai.s honteux de mon embarras .. j'allais me retirer. ..

ALEXINA

tfjÂh! vous m'auriez fait bien de la peine!... Rassurezvous!... (Lm/ te7idant la main.) Je vous pardonne de m'avoir sauvée... ou plutôt, monsieur, comment pourrai-je jamais m'acquitter?...

DORiAN , à part.

Nous y voilà!... Du sentiment !... (ffau^. ) Vous acquitter, madame! ah ! vous êtes si bonne... et cela vous est si facile!... Un cœur comme le mien craint d'être exigeant, . . et hier, lorsque le mot d'ami vous est échappé. . .

ALEXJNA.

Eh sans doute, mon amitié, monsieur... je vous l'offre... vous la méritez...

DORIAN

Votre amitié!... Ah! madame, je suis trop heureux encore,,. Si vous saviez,..

ALEXINA frappée.

Quoi donc?..,

DOBIAK .

Oh! rien, madame, rien... Croyez que mon respect, ma reconnaissance ! . .

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