‹ L'incendieChapitre 34 sur 42 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

WTANDERCK, ALEXINA, DORIAN.

WANDERCK, entrant, à droite.

Oui , vous me préviendrez. . . Ah ! madame la baronne. . . je vous cherchais... (^ par^.) C'est lui !... (^Haut.)\\ sagit d'une affaire très-importante, il faut que je vous parle... à vous seule...

ALEXINA , observant fVanderck.

Ah ! . , , ( Haut , a Dorian.) Pardon, . . quelques ordres à donner.,.

Ain : IValse de Robin des Bois.

Monsieur , pour ua instant , de grâce , Vei|||lez passer dans le salon.

AVANDERCK.

Quel au" d'assurance et d'audace !

Bientôt il changera de ton..,

DORIAN

J'obéis., madame, et vous quitte...

( ^ part. ) Maudit homme . à notre entretien , Venir mettre un terme si vite , Lorsque ça commençait si bien !

AVANDERCK.

Conçoit-on une telle audace !

Cet homme là dans le salon !

Soit ! pour un moment qu'il y passe ! Bientôt il changera de ton.

►j I AL,T:XI^A

^ I J'ignore en moi ce qui se passe ^ \ Et d'où naît mon émotion !

Mais quand tout m'ennuie et me lasse Lui seul enchaîne ma raison !

DORIAK.

L'amour sourit à mon audace , Et j'ai vu son émotion.

De mon bonheur , suivons la trace , Et poussons à bout sa raison !

'( // sort pur la droite ; Alexina le suit des yeux. )

Eh bien! Wanderck, voyons , parlez... quavez-vous à me dire ?

WANDERCK, riant.

Ah! ah! madame... Il y a des aventures singulières... ah ! ah !.. . vous ne savez pas quel est cet homme que vous recevez chez vous ! . . .

AI-EXINA.

Ciel ! . . . Un pompier ?

WANDERCK.

Juste. . .

ALEXINA «« contraignant.

Je le savais... il ne m'a pas caché... Mais vous, d'où le savez -vous?... en êtes-vous bien siïr? ...

V7ANDERCK.

Certainement !... Une autorité compétente... une amie de votre femme-de-chambre... une jolie petite brune... qui le voit souvent... rue du Bac... tout près d'ici... où il va pour eWe... {^Mouvement d' Alexina.) ou pour sa maîtresse... Oh! j'ai des renseignemens

ALEXINA

C'est bien, monsieur...

WANDERCK.

Dorian ! . . . un pompier ! . . . garçon entreprenant . . . avec un peu desprit... tout le monde en a aujourd'hui... C'est si commun qu'il sera de bon ton de ne plus en avoir , je l'espère!... Il sortait hier au soir...

Assel, Wanderk , assez!... ( à part i. Il m'avait trompée ! . . .

WANDEBCK.

S'introduire dans une maison... pour y rendre service , c'est possible !... mais je ne sais pas , moi , jusqu'à quel point il est permis d'escalader les murs pour sauver quelqu'un. Ça a tout l'air d'une intrigue.

ALEXI> A .

Une intrigue !.. . monsieur^ un tel mot... ne puis-je recevoir chez moi qui me plaît... qui je veux?... Je trouve bien singulier...

WANDERK.

Ah ! madame , si vous y mettez de Thiimeur , de la passion...

ALEXINA

De la passion...

WANDERK.

Air : Vaudeville du Piège.

Eh! oui, madame... allons , convenez-en!... A l'embarras que votre cœur éprouve , Vous voyez bien lorsqu'on fait un roman Que ce n'est pas le bonheur qu'on y trouve.

ALEXiNA à part.

Il a raison, je le crains. .. et plus tôt A ses conseils je me serais soumise ; Mais la raison dans la bouche d'un sot A toujours l'air d'une sottise !

( A Maurice qui entre ) . Ah! Maurice... c'est vous... approchez.

MAURICE

Madame, j'ai vu le sergent et Clotilde... ils viendront..

WANDERK.

Par exemple !...

ALEXINA

C'est bien... je vais vous donner un mot pour mon notaire... \ous prendrez ma voiture , vous irez... ( à part). Oh ! oui , je paierai ses services... et nous serons quittes... (Elle se met a une table à gauche pour écrire) .

WAîsDERCK , s^ approchant de Maurice et à demi-voix.

Qu'est-ce que vous dites ?... vous avez invité l'autre pompier à venir ?. . . et en uniforme peut-être ?. . .

MAURICE

C'est par ordre de madame la baronne !..

WANDERCK.

Pour moi , je veux que mes commis aient des relation^ moins équivoqvies... A dater de ce soir, vous pouvezchercher une place.

MAURICE

Comment !... vous me destituez ?... Eh bien ! je vous remercie!... Au fait, si je perds Clotilde... un malheur déplus, ça m'est égal.

WANDERCK.

Ah ! vous me remerciez ! . . . vous avez l'air de vous moquer de moi ?... (A partj : On dirait que tout le monde s'est donné le mot pour avoir cet air-là !,.. f un domestique paraît J : que voulez-vous? le punch?... ah! c'est juste ! ( il va pour sortir J.

ALEXiNA assise.

Wanderck !

w\iiv>x,^CK faisant Vairnable. Madame la baronne !

ALEXINA

Voyez dans le salon. . . recevez un peu , de grâce ! . . . j'y passe à l'instant. ..

WANDERCK à part.

Elle est trop émue... (haut) j'v vais, raadame la baronne,

mais vous permettrez d'abord le punch... c'est là que

ma surveillance est nécessaire. . . c'est essentiel ! . . .

Air : Des Scythes.

Dans les bals où la foule abonde , Le punch est d'un efif«t certain.

Tous les soirs, il fait dans le monde , Ce que l'argent fait le matin...

Le punch , le soir , et l'argent , le matin , Il fait valoir le sot et l'homme en place . De la beauté refleurit les appas, Aux amoureux il donne de l'audace , Et de l'esprit à ceux qui n'en ont pas !.. f II sort par la gauche. J

MAURICE

Buvez-en beaucoup , ça ne vous fera pas de raal.

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