‹ L'incendieChapitre 35 sur 42 · DORIAN, ALEXINA · texte numérisé non relu

DORIAN, ALEXINA

ALEXiNA se levant , à Maurice.

Tenez, mon ami, hâtez-vous...

WArKlCE.

Oui , madame.

fil va povrsortir. )

ALEXINA

Maurice , écoutez-moi...

( Elle lui parle dans le fond , Dnrian entre vivement sans la voir . )

DOBIAN sur le devant de la scène.

Doucement ! doucement ! diable de punch ! ça monte la tête...

( Maurice sort. ) ALEXINA dans le fond.

Oui, c'en est fait... je veux partir.. [AppercevantDorian] ah !...

DORIAN

Madame...

ALEXINA s' éloignant avec effroi.

Monsieur... fà partjah\ oui, oui... je n'osais croire... je cherchais à me tromper moi même.

DOBiAN à part.

Diable!... c'est changé... est-ce que par hazard ?

ALEXINA

Monsieur Dorian ! . . .

DORIAN

Madame. . . ( à pa;i ) mon nom ! . . . elle sait tout ! . .

ALEXINA

Il est donc vrai ! . . . vous me trompiez ! . . . espérez-vous le nier encore... me cacher qui vous êtes V... DORIAN.

Moi , madame! je vous respecte trop!... (à part) avec ça qu'il n'y a plus moyen ! . . .

ALEXINA

Et quand j'ai cru vous reconnaître... tantôt... pourquoi cette feinte. . . ce jeu cruel ?. . .

DORIAN

Pourquoi ?... oui, c'est vrai... vous avez raison... mais, madame, après ce qui s'était passé hier... vous voyiez en

moi un particulier d'un rang, d'une naissance distinguée... et si vous deviez me connaître, je tenais à ce que ce ne fut pas dans un lieu oii vous auriez rougi de tos bontés pour moi...

Air :

A vos soupçons pour échapper ,

Tout alors semblait légitime...

Si j'essayais de vous tromper ,

C'était pour garder votre estime.

Le soldat cherchait à trouver

Ces mots qui blessaient votre oreille...

Il se perdait!... mais pour sauver

Lami qui vous plaisait la veille... •

ALEXIS A

Monsieur !... mais du moins.,, tout à 1 heure... ici !...

UORIAN

Ah! tout à l'heure... c'est juste! (à part.) Diable! case complique! (haut). Ici '.'... c'est possible !... Je ne vous ai pas dit mon nom... , mou état... c'est mon secret !.. . j'étais si heureux , et je voulais faire durer ca le plus long-temps possible... mais abuser de votre erreur!., oh ! non... et vous avez dû voir que j'allais tout révéler, quand ce monsieur... (Elle va .s'asseoù-.)

ALEXINA

Ah! je vous crois... j'ai besoin de vous croire... Il m'en coûterait d'avoir des reproches à vous faire avant mon départ.

DORIAN

Votre départ !... comment , madame ? mais hier... tout à l'heure. . . vous ne partiez pas ?. . .

ALEXIXA.

Non , alors je ne pouvais prévoir...

DORiAN à part.

Allons !... c'est manqué !... (Haut) : Je comprends , madame... un prétexte poli. .. et je m'y attendais un peu... je savais bien que lorsque je serais reconnu... ce ne serait plus la même bonté... les même égards... je vous lai dit ce matin ... je ne me trompais pas ! . . . Je ne stiis plus main • tenant qu'un de ces hommes qu'on remercie... et auxquels on ferme sa porte !... Mais rassurez-vous, moi aussi, j'ai de l'orgueil... et avant le congé que je viens de recevoir , jevoyais que j'étais de trop ici... j'allais me retirer. . . Madame , j'ai bien l'honneur, . ,

ALEXiNA se levant.

Arrêtez , Dorian ! comment pouvez-vous croire que «:re.soient des préjugés, de l'orgueil... au contraire, si j'ai été surprise , c'est de retrouver ainsi un homme tel que vous... car il me semblait à vous voir , à vous entendre...

DORIAN

Que j'étais fait pour quelque chose de mieux?... c'est vrai. V. je le crois aussi... mais que voulez-vous, madame?... Il y a des gens qui sont malheureux... et je lai toujours été... excepté hier !... Il est certain que le fils d'un brave colonel moiA au fond de la Pologne...

ALEXINA , avec émotion.

De la Pologne !... c'est mon pays!...

DORIAN jinevittit.

Ah! ah ! c'est singulier!... comme ca se rencontre!... Oui , de la Pologne dont il défendait les droits , l'indépendance !... moi, jeune encore, avec une heureuse éducation... et quelques talens , je pouvais aller à tout... mais au moment d'être lancé , je perds tous mes protecteurs , tous!... Ma naissance, mon nom qui était ma seule fortune , nest plus un titre pour moi. . .

ALEXI>A.

Pauvre jeune homme ! . . .

DORiAX à part.

Elle me revient !. .. ( Haut J : Sans appui , sans espérance , il me fallait un état... Je pris celui de mon père... en petit !. .. Il était colonel , je fus soldat... mais je n'aime pas la vie de garnison, les ennuis de la caserne... je voulais des dangers, de l'avancement... des récompenses... je me fis pompier ! \ ous voyez , j'ai réussi... je suis décoré , on m'estime dans ma compagnie , j aurai un grade au premier jour... mais c'est égal ! Je n'oublie pas ce monde où je devrais trouver ma place... Je m'en rapproche quelquefois par mes goûts , par mes sentimens... et j'espère bien y rentrer !...

ALEXINA

Sans doute.. . il le faut !... vous le devez !... à la boune heure au moins... vous voilà tel que je vous avais vu d'abord !... mais j'oubliais... votre mariage? cettejeune fille ' Clotilde?.,

Je suis pris ! . . .

Vous l'aimez ?..

Oh ! madame ! \ou3 lépousez

DOKfAN' à part.

ALEXiNA V observant .

DORIAN embarrassé.

ALEXINA vivement.

DORIAN

On le dit... mais il n'y a rien de décidé... je ne sais si j« pHis...

.\iEXINA.

Non, non ! vous ne l'épouserez pas... ah! tant mieux... ( se reprenant) ^(i\\v'S\inir\ce, un bon jeune homme que j'aime, que je protège... elle lui convient mieux. .. je les marierai, foisons leur bonheur! unissons nous pour cela...

DORIAN

Mais , madame, votre départ. . .

ALEXINA souriant.

Mon départ ! je resterai pour eux .

nORIAN .

Vous ne m'en voulez donc plus , et malgré mes torts dont joconviens. . .

ALEXINA

Air: f^audeville de t'Anonime.

€e matin vous blessiez mon cœur; Votre franchise le soulage...

C'est vous !... démon libérateur C'est bien là, je le vois, le ton et le langage ! Au soldat mon cœur aujourd'hui Pardonne une ruse pareille. . . Puisqu'enfin , je retrouveen loi Tout ce qui me plaisait la veille.

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