SCÈNE IX
DORIAN, WANDERCK.
wA^DEKCK, entrant par le fond.
Elle ne fait pas attention à nioi !... elle ne parle que de ces gens-là. . . Je suis d'une colère ! . . .
DORIAN , prenant le dernier \^erre.
Aux derniers les bons...
WAKDERGK , le regardant.
A l'autre !.,. Toujours avec le punch!... il le trouve bon... je crois bien... avec sa solde , il n'en lx)jt pas souvent de pareil...
DORIAN
Qui va là?... Ah! c est le gros banquier... A votre santé, Crésus ! [Il boit. ).
'WANDERCK.
Il paraît, mon cher, que vous vous mettez à votre aise"^...
DORIAN , se levant.
Pourquoi pas, mon cher?... Liberté pour chacun, plaisir pour tous... c'est la devise du local... D'ailleurs, je suis ici pour mamuser et je m'amuse !. ..
WANDERCK.
Au fait, c'est tout simple, quand on n'a pas l'habitude. . .
DOKIAN .
Bah! bah! l'habitude est bientôt prise... Tiens, parce
que je ne suis pas tout cousu d'or comme vouSj vous croyeï peut-être qu'on n'a pas... des manières... une tenue... laissez donc... Vous payez , je plais... chacun son écot ! et voilà , papa ! . . . [Il lui frappe sur le ventre. )
WA>DEBCK.
Ah !... elles sont belles , vos manières !...
DOKIAN .
Tiens , qu'est-ce qu'elles ont donc ? monsieur le banquier juif. . . allemand ou anglais , ca m'est égal ! . . . Est-ce que je ne bois pas du punch comme un colonel?... Tenez, vous allez vo;r... (Il va au plateati.) Ah ! il n'y en a plus.. .
WANDERCK.
Il a tout bu !
DOHIAN.
Corps sans ânîe!... ils ont tous défilé la parade!... [apercevant un domestique . ) mais en voilà. Hola! eh ! garçon !... ( Il prend deux verres de punch ; le domestique passe.) C'est ça ! un pour le banquier!... Trinquons , vieux...
WANDEHCK.
Fi donc ! est-ce que je trinque?
DOHIAN .
Malhonnête ! . . . refuser un verre plein ! . . . Ces étrangers , ça n'a pas d'usage. . . [Il boit.) du tout. [Il boit l'autre verre.)
WANDEBCK.
Ah ! ça , dites donc ? Est-ce que dans l'état où vous êtes, vous espérez rester long-temps ici?...
DORIAN
Si j'espère !... si j'espère rester?... Toujours, papa...
WAKDERCK.
Toujours !... il se croit le maître de la maison...
DORIAN
Le maître !. .. Oui , parole d'honneur ! je serai le maître ; j'aurai des valets , un hôtel , des chevaux et un banquier pour les écus.
WANDERCK.
Monsieur , songez que vous êtes chez la baronne. . .
DORIAN
La baronne?... C'est juste!... je sei"ai baron... Tiens, pourquoi pas?... Je suis bien sur de pas être le plus bête encore!... Etes-vous baron ?
WANDEReK.
Oui, monsieur.
DOKIA>' .
Qu'est-ce que je disV... Et ma petite baronne... couim> elle sera heureuse !
WAXDERCK.
Ne dirait-on pas qu'il a reçu des faveurs?...
DORL4.N .
Des faveurs !.. . Laissez donc... on a mieux que ca... Voilà une ceinture...
WANDERCK, y fortant la main.
Une ceinture volée?...
DORiAN , lui do7uiant un coup sur les doiçjts. A bas les mains... c'est mon trésor, à moi...
WANDEBCK.
Manant !...
DORIAh .
Mais... j'y suis... [Il rit. ) 11 boude!... Il espérait peutêtre que ce serait lui?... {Le menant devant la psyché. ' Faites-moi le plaisir devons regarder dans cette glace. WA]SDERGK.
Eh bien !
DORIAN
Eh bien ! . . . En conscience , quand on est bâti comme
ça!...
' WAKDERCK.
C'en est trop, et je ne permettrai pas... mais , tenez , je vous pardonne... vous ne savez pas ce que vous dites...
noRiAN irrite.
Ah! je ne sais pas ce que je dis?... milzieux ! rien que ça vaut le coup de sabre... Je ne sais pas ce que je dis... allons, allons en avant!...
( il cherche son sabre comme s' il l avait à son côté. )
WANDERK traversant le theiiire.
Voulez-vous finir, brutal ?... je ne badine pas !...
DORIAN
Ni moi non plus , corbleu ! . . . par la fenêtre. . . nous allons rire !
av.4js'derck:.
Au secours !...
DORIAN
En avant le banquier ! . . . ( On accourt de tous les côtes.