LA GROSSESSE
Maurice reprit presque aussitôt connaissance. Mais il était tellement atterré, hébété, anéanti, que la colère de sa femme et de son beau-père semblait désarmée, et se changeait en un sentiment d'invincible dégoût.
Il est des situations où toutes les injures et tous les outrages rentrent forcément dans la gorge parce qu'il ne se trouve plus de mots assez violents pour les exprimer, où le langage de l'invective devient impuissant; où le silence est le plus éloquent^ le plus écrasant, le plus terrible des châtiments.
Pendant quelques minutes, pas une parole ne fut prononcée entre les trois acteurs de cette scène émouvante : l'un courbant la tête et n'ayant même pas le courage de se souvenir qu'il avait une arme dans sa poche pour se faire justice, pas plus que les autres ne se sentaient disposés à l'accabler davantage.
Quelques instants auparavant M™^ Dauviller, dans sa rage jalouse, lui aurait crevé les yeux ou