CHAPITRE III
de la gare d'Orléans, M""* Dauviller remarqua à première vue chez ce magistrat un tel embarras, une telle émotion, qu'elle pressentit aussitôt quelque nouveau désastre.
On ne pouvait, en effet, apprendre à brûle-pourpoint, sans préparation, sans préliminaires, sans périphrases, à cette pauvre femme l'épouvantable aventure. Il fallait l'amener peu à peu, par d'habiles gradations, à recevoir la douloureuse confidence, qu'on ne pouvait lui cacher bien longtemps.
— Ne me ménagez pas, monsieur ! s'écria-t-elle avec exaltation... dites-moi la vérité... où est mon mari?... Pourquoi refusez-vous de me le laisser voir?... Je suis en état de tout entendre... Il est mort ?. . . Avouez qu'il est mort ?. . .
— Non! Non... Rassurez- vous... il n'est que blessé... assez grièvement... je ne vous le dissimule pas... Et j'ai dû le faire transporter d'urgence à l'hôpital de la Pitié!