‹ L'inconnue (l'impératrice Eugénie)Chapitre 13 sur 15 · LE TALISMAN DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

LE TALISMAN DE CHARLEMAGNE

La relique connue sous le nom de Talisman de Charlemagne est un morceau de la vraie Croix enfermé dans une grande aigue-marine.

Cette relique avait été prise à Aix-la-Chapelle, sur le tombeau de Charlemagne, à l'époque des guerres de l'Empire. De Napoléon Ier elle passa par héritage à Napoléon III puis à l’Impératrice.

L’Impératrice, avec sa droiture habituelle, avait toujours eu l’intention de restituer la relique au chapitre d’Aix-la-Chapelle. Mais vint la guerre de 1914, et l’ancienne Souveraine des Français voulut sinon compenser, du moins adoucir les désastres éprouvés par la cathédrale de Reims en enrichissant d’un objet précieux le trésor de celle-ci (1).

i. Indépendamment des 100.000 francs laissés pour aider à la reconstruction de la Cathédrale (voir plus loin).

l’inconnue

Il dut y avoir en elle un débat, car elle n’agissait jamais par à-coups. De même qu’elle avait trouvé juste de rendre au chapitre d’Aix-la- Chapelle ce qui lui appartenait depuis des siècles, de même elle trouva juste, étant donné les circonstances nouvelles, de donner à une victime de l’Allemagne un bien jadis allemand. Elle vit là, sans doute, avant tout, une réparation morale.

Le 3 décembre 1919, veille du jour où elle quitta Farnborough Hiil pour la dernière fois, elle remit le « Talisman » au Révérend Père Dom Cabrol qui, en 1920, le déposa entre les mains du cardinal Luçon, archevêque de Reims. A la relique était joint le document suivant :

« La volonté formelle de l’Impératrice est de « faire don à l’église cathédrale de Reims, en « réparation des outrages qu’elle a subis pen- « dant la guerre 1914-1918, de cette relique « insigne et du reliquaire qui la contient, afin « qu’ils restent pour toujours la propriété de « l’église de Reims, avec charge pour l’arche- « vêque de Reims de prendre toutes les mesures « qui lui paraîtraient nécessaires pour atteindre « ce but. »

Au printemps de 1920, le cardinal Luçon, venu à Monaco pour bénir le mariage de S. A. Mme la duchesse de Valentinois avec le prince Pierre de Polignac, alla au cap Martin et remercia l’Impératrice.

Page 1