‹ L'Inde anglaise avant et apráes l'insurrection de 1857 (volume 2)Chapitre 21 sur 38 · INDIENNE · texte numérisé non relu

INDIENNE

pour toute garnison

éloignée de

plus de

80 lieues

d'une

Présidence.

par mois.

fr. c.

Les galons se donnent en raison des années de service et delà bonne conduite, Chaque faute fait perdre un galon pour trois mois.

Dans l'Inde les colonels, selon les armes et les positions diverses, reçoivent de 36 à 45,000 fr. ; les brigadiers 60,000 fr. ; les généraux de 90 à 100,000 fr. Le général en chef de l'armée de l'Inde reçoit, outre ses

ÏM L'INDE ANGLAISE

240,000 fr. de traitement comme membre du conseil suprême, un traitement de 200,000 fr. comme commandant en chef. Ce n'est pas tout; en marche, pour le service, le commandant en chef a son camp entretenu par la Compagnie. Avant le commandement de sir C. Napier, ce camp se composait de quatre-vingt-dix éléphants, trois cents à quatre cents chameaux, à peu près autant de bœufs avec leurs conducteurs, trois cent trentedeux piqueurs de tentes, dont cinquante employés uniquement au transport des portes vitrées du pavillon. Le général Napier réduisit cet établissement à trente éléphants, trois cent trente-quatre chameaux et deux cent vingt-deux piqueurs de tentes, faisant ainsi une économie de 250 livres sterling par mois au profit de la Compagnie. Cette modération parut extraordinaire !

On voit donc que les appointements d'un lieutenantcolonel dans l'Inde varient de 24 à 40,000 fr. de rente, et ceux d'un sous-lieutenant de 5 à 7,000 fr. Mais rappelons-nous que dans l'Inde comme en Angleterre la dépense obligée du commandant est absolument la même que celle du sous-lieutenant; ils mangent à la même table d'hôte où ils n'invitent que le même nombre d'amis et payent absolument la même pension. Le loyer du colonel n'est pas plus coûteux et il n'a pas un cheval de plus, puisque chaque officier a le sien. Enfin ils ont précisément le même nombre de domestiques. En Angleterre, cela se réduit à un soldat chacun (le commandant peut en avoir deux) qui ne leur coûte rien ; dans l'Inde c'est une douzaine de natifs : moins serait au-dessous du confortable, plus serait un luxe inutile. Il s'ensuit donc que, si Ton prend le traitement du sous-lieutenant pour l'unité de dépense, toute la différence en plus devra être

AYANT ET APRÈS L'INSURRECTION. 2i;r>

économisée dans chaque grade, et, avec le moindre esprit de prévoyance, devra former un noyau de fortune qui s'accumulera rapidement.

En Angleterre, telle est la cherté de la tenue et le prix de la pension, que c'est à peine si le lieutenant peut vivre sur sa solde, et, s'il y réussit, ce n'est qu'à force de privations et en se condamnant à la vie la plus austère. Pour le sous-lieutenant c'est chose impossible ; il devra recevoir de sa famille un complément d'au moins 100 fr. par mois, indépendamment de tout son premier équipement, et de son premier versement à la masse, qu'elle devra aussi lui avancer. Dans l'Inde, c'est tout différent : le traitement du sous-lieutenant lui suffit pour vivre avec aisance, avec luxe, avec une élégante hospitalité. S'il a de l'intelligence , il peut économiser 1,200 fr. dans l'année. Durant tout mon temps de service dans les deux grades subalternes, ma dépense obligée n'a presque jamais été inférieure à celle du lieutenant-colonel, et mes économies de chaque année atteignaient au moins le chiffre que je viens de nommer ; celles du commandant, de son propre aveu, se montaient à 25,000 fr. Ce n'est pas que je trouve que les traitements soient trop considérables, tant s'en faut; chaque année passée dans l'Inde en enlève au moins deux de l'existence, tarit toutes les sources de la vie, flétrit et dessèche l'avenir. On ne saurait trop payer une vie sans cesse aventurée, dévastée parle choléra, la dyssenterie, les mille plaies du climat. L'homme passe ici comme l'herbe des champs; il faut qu'il puisse rapidement recueillir son salaire ou bien il meurt avant d'être payé.

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