‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 110 sur 268 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Assemblons-nous, amis, sous la voûte sonore, Autour de noas nul lambris ne colore La blanche et livide muraille.

Écoutez rebondir nos rires, nos éclats.... On dirait que les morts sont là, De retour de leurs funérailles.

Qu'importe ! remplissons nos verres, Buvons sous les yeux de nos frères Une coupe en leur honneur.

Buvons à ceux que recouvre la tombe, Buvons au premier qui succombe , Hourrab pour le premier qui meurt!

35o vrnm AffôLAist m td4i.

Ah ! ce n'est point ici que le crisiat scintille Et que le jus que la gfdjppe distille Brille d'ombre ou de rubis* Le vin ne répand point une douce chaleur : (1) Il est glacé comme le eœur, Noir comme rélernelle nuit l Mais, ferme ! remplissons nos terres s Nos cœurs bâtiront mieux toul-à-rheure : Buvons à la mort de nos frèresi Hourrah pour le premier qui neurl!

Je vois plus d'une main qui tremble , plus d'un joue déjà creusée. Mais bientôt quoique nos cœurs se brisent, ils brûleront de ce vin généreux. Ebbien donc, ferme! soyons fidèles à nos verres; c'est ici que nous retrouvons notre ardear. Buvons à ceux que recouvre la tombe»

Buvons au premier qui succombe, Hourrah pour le premier qui meurt!

Il fut un temps où nous dédaignions l'orgie; nous nous vantions d'être plus sages âloi^s! Ah î ah ! que ceux-là pensent à leurs mères, qui ont l'espoir de les revoir jamais. Mais nous, amis, vidons nos verres, la folie est ici la sagesse. Ëuvons à ceux que recouvre la tombe, Buvons au premier qui succombe, Hourrah pour le premier qui meurt 1 V»

Ne jetons pas un soupir à la destinée qlli s'atâftte, pas une larme à l'ami qui ^'en va ! Nous nous envoterobs avec les bulles d'air qui couronnent le Champagne , nous tomberons muets et froids comme le Yln que bous sabloi». Allons, fer-

(i) Le vin n'est agréable à boire datas Tlhdfe «îiie Xtoià k la gtace. Poor obtenir ceUe temt^^lttte on le plotiB« dâbs tlu Salpêtre.

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me ! renlplistoBB iito T«më, â*eit lo répll polir Hs muk de r&oi«.

Bavons à ceux que recouvre la lonibe, Ëuvons du premier qui succombe^ Houttah pourlô premier qilt knëUft!

Qui craiot dt rentrer dans la poussière ? Qui Toadmit ftilr le noir rivage où les brftlantes aspirations du gënie el du cœur ne pourront plus nous torturer ? Non, non, soyons fidèles à nos verres. Le monde n*est qu^un grand mensonge ! Ëuvons & ceux que recouvré la tombe.

Butons Sia premie^ qui succombé, Hourrah pour le premier qui meun I Retranchés du sol qui nous a enfantés, tralils par la terre d*exil, quand les plus brillans et les plus aimés sont tombés devant nous, quand ce ^ont les plus tristes qui restent, qui voudrait survivre. En avant nos verres.

Btivous à eettx que recoUVk^e là u^mbe, Btivons BU premier qui succombe^ Hourrah pour le premier qui neuri !

Vers le eommencemeni dé ïnAi \t fléâu pamt %fe lAiief y '9èê coups étaient moiftâ Certains; le choléfti dtttit dégéhéiré en êhôléfiiiè et beaucoup de malades lui échappaienti L'administration avait fini âuisi pat Mdéeidl^r à retirer le régiment dé ce maibeui^uit foK et à nous tamper dans une plaine où l'atmosphère était pluâ sâlubt*é. Â partir de ce changement le mal dimiuuad'ititéhBlté; jéfti^du nombre des derniers Atteints^ et après avoif passé pai* tous les paroxysmes âe la maladie, je me féveillai de mou délit^e dans une tiUpetbe villa occupée par le docteur Mac Leod, chîrui^en eu chef de la prOVlhce* Cet excellent homme était marié à une Française de Pondichéry^ made^

35a L'INDE ANGLAISE EN 1849.

moiselle Hall qui avait été l*ainie de ma mère. Dès qu'elle avait appris mon danger, son cœur de créole s'était vivement ému et elle avait supplié son mari de me faire transporter dans son propre palanquin, de la tente où je gisais au milieu d'un camp infecté, dans sa propre habitation où tous deux me prodiguèrent les soins les plus tendres. Je passai tout un mois dans leur belle demeure et là prit naissance une amitié qui dura jusqu'à la mort de cette excellente femme que ma prière cherche encore au ciel parmi les saintes où elle a du trouver place. Quant au digne Écossais, il poursuit encore dans llnde une carrière de bienfaits . si jamais il parcourt ces lignes puisse-t-il y trouver l'hommage d'un cœur reconnaissant.

Ce fut le I*' juin que je rejoignis les drapeaux; le régiment était rentré dans ses casernes depuis quelques jours. En voyant défiler nos compagnies pour la parade du soir, je fus douloureusement affecté de la diminution des cadres : un quart des officiers présens au commencement de février , cent trente sousofficiers et soldats sur un faible bataillon de sept cents hommes, vingt femmes et une cinquantaine d'enfans avaient péri. Mais telle est l'élasticité de l'esprit humain, surtout dans le militaire, que Timprefr* sion morale fut bientôt effacée : le régiment reprit son allure ordinaire comme une belle frégate après un combat ou une tempête répare ses agrès, nettoie ses ponts, consigne ses morts à l'oubli des flots et poursuit sa route , belle , joyeuse et parée , sur les cimes agitées de l'Océan.

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