PREMIÈRE PARTIE. — Q|APITR( XXYII. q
bres on trouva cependant (}ueIqL)e$ r^stç$ d^ §p)en« deur. Un fort à coté de la viHe est enclos de hautes et épaisses murailles qui devaient servir jadis très efficacement à sa défense ; on dit qu'il arrêta Tarrnée de Cornwallis pendant quatre jours; des tours en ruines flanquent ce rempart pittoresque. On voit aussi les restes d'un très beau madrassah ou collège, où je trouvai quelques manuscrits curieux sur la religion de Bouddah. Presque tous ces livres se composent de feuilles du palmier tali-pât, coupées en bandes, sur lesquelles les caractères sont tracés avec un stylet de fer ou de cuivre.
« Le tali-pàt, l'une des plus singulières productions du règne végétal, croît quelquefois jusqu'à la hauteur de deux cents pieds. Il ne fleurit qu'une seule fois dans toute son existence, et sa floraison est le prélude de sa iQort. Mais, ainsi que le phénix, il renaît de lui-même, car en mourant il répand autour de lui les germes de nouvelles générations. Ses feuilles ont jusqu'à seize pieds de diamètre : séchées , elles ont un tissu susceptible de se plier comme un évenlail ; tout corps dur et pointu peut y tracer une empreinte indélébile : on profite de cette propriété pour s'en servir en guise de papier à écrire. Sir A. Johnston a quelques livres dont on fait remonter la date à cinq ou six cents ans et qui sont parfaitement conservés. Quand Tarbre a atteint toute sa hauteur, au bout de quatre-vingts ans , la cosse rompt son enveloppe avec un bruit retentissant et il en sort une fleur blanche comme l'ivoire, qui a quelquefois trente pieds de long. Dans l'intervalle de quinze à vingt mois, il tombe d'une espèce
loo L'INDE ANGLAISE EN 184S.
de grappe qui a succédé à la fleur, une pluie de noix qui renouvelle l'espèce (i). »
La cinquième station est au village de Beded. Un événement fort simple arrivé dans cette localité suffit pour mettre en émoi toute la population et même les indigènes de notre escorte. Le président de la masse du 55% voulant obtenir certaines provisions qui manquaient depuis quelques jours à la table d'hôte des officiers , avait expédié en avant, dès la veille , un jeune sergent du régiment pour faire nos emplettes avant l'arrivée de la division. Celui-ci, séduit par la chaleur de la matinée, récemment débarqué dans le pays et ne se doutant nullement d'uu des préjugés les plus invétérés de la population, s'était baigné dans l'unique baory (a) du voisinage.
Pour se faille une idée de l'effet produit par cette étourderie , il faut connaître le profond dégoût qu éprouve un Indien pour tout ce qui a pu toucher un Européen, répugnance qui est autant physique que morale et fondée sur notre couleur blanche exactement la même que celle des lépreux du pays. Peu s'en fallut que le malheureux sous-officier ne fut massacré sur place et il ne dut probablement son salut qu'à la certitude de notre approche. Cependant
(x) Oriental Ànnual,
(a)OnappeUe baory ooe espèce de piscine toute spéciale à l^lDde, d'une constraction tonjoars fort soignée et souvent monumentale, dans le style des anciens thermes romains ; leur ouverture est fort grande et plusieurs personnes peuvent y puiser de Peau sans se gêner réciproquement. Des marches de granit descendent jusqu'au niveau de Teau et continuent sons la surface à une certaine profondeur de manière à ce qu''on puisse s'r taigner.