‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 178 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE. •^CHAPL IRC I. lai · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. •^CHAPL IRC I. lai

coDoattre ; nous chercherons donc à l'exposer le plus clairement possible.

Mais avant de regarder fonctionner la machine , il est nécessaire de bien comprendre le milieu dans lequel elle est appelée à agir, l'espace, Tétendue, les conditions de son parcours. Nous nous trouvons donc amenés tout naturellement à traiter comme un préambule indispensable une première question : la circonscription géographique de l'empire anglais dans rinde. Quelques mots devront nous suffire , car la nature en avait bien tracé d'avance les limites. L'empire hindou- britannique, s'étendant comme un torrent de lave qui pèse constamment sur ses bords , est allé porter son flot envahisseur jusqu'aux barrières naturelles qui encadrent la vaste presqu'île que les géographes modernes, s' accordant avec les traditions brahmaniques, embrassent sous le nom général d'Hindoustan. L'Indus même n'a point suffi pour Tarréter; il fallait pour cela des mers ou des montagnes éternelles. L'invasion anglaise l'a franchi à son tour, comme elle avait déjà franchi le Gange et le Brahmapoutra. Nous trouvons donc cet empire borné aujourd'hui au nord*ouest par cette chaîne gigantesque qui forme le bord oriental du plateau de l'Iran , connue sous le nom desMont&^liman ; à l'ouest et au sud , par l'Océan ; à l'est, en partie par la mer et en partie parles crêtes les plus orientales des montagnes d'Assam , de Cassay, d'Arracan; au nord, il envahit le pied de l'Hymalaya, où il atteint le 3 1* degré de latitude. En deçà de ces grandes lignes de démarcation se détache tout un continent , un massif com-

laa L'INDE ANGLAISE EN 1849.

pacte qui s*éteiid du 68" au 91" degré de longitude est. Plusieurs provinces réunies dans ces derniers temps aux domaines de la Compagnie, comme Tavoy, Tenasserim , Singapoor, Malacca, sont situées bien audelà de ce méridien. Mais nous ne nous occuperons dans cet ouvrage que du bloc principal, base, citadelle et noyau de la puissance anglaise et dont rapproche est défendue de toutes parts par de vasta; étendues de mer ou par des montagnes inaccessibles.

Nous pourrons nous faire quelque idée de son étendue en la divisant, selon F idée de sir William Jones, en deux immenses triangles , dont la base commune est la ligne de jonction des boucbes de Tlndus à celles du Gange et du Brahmapoutra ; ligne dont le développement n'a pas moins de sept cents lieues de poste. Le triangle septentrional a son sommet à I^h, sur ; rindus supérieur; le triangle méridional a le sien au cap Ck)morin; et ces deux sommets sont respectivement éloignés d'un peu plus de huit cents lieues. lie triangle du nord contient trois fois la superficie de ! Fempire d'Autriche; celui du sud, trois fois celle de la France; et les deux réunis feraient à-peu-près la moi- j tié de l'Europe. I

Quand on pense que c'est sur cet espace immense que la Compagnie anglaise des Indes orientales est aujourd'hui appelée à régner, qu'elle tient entre ses mains la destinée de la moitié des peuples de l'Asie, on comprend qu'il devientpour toutes les nations d'un intérêt vital d'apprécier exactement la natui'e et le degré de ce pouvoir. C'est la grande question dti moment; question palpitante d'actualité et d'avenir : c est

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