CHAPITRE PRËHIËB
Tableaa général de Pempire britannique dans Tlnde. •— Programmé de la seconde partie."
Il est temps, avons-nous dit, d'abandonner le journal nécessairement difFus et limité du voyageur et de nous élever, de simples descriptions de localités qui présentent toujours à-peii-près les mêmes carac*tères dans un rayon de peu d'étendue , à ce tableau général que nous nous sommes proposé d esquisser à grands traits. Il est temps de laisser la monotone histoire d'un jeune lieutenant tournant dans un cercle étroit d'oisives garnisons, pour suivre le développement et la marche d'un grand empire. Le moment me semble d'autant mieux choisi pour étendre notre horizon en prenant une position pkis élevée, qu'une nouvelle époque, une ère nouvelle viennent de commencer. Un gouveraement, célèbre par ses succès et ses conquêtes vient , nouveau phénix , de se
I20 L'LNDK ANGLAISE EN 184S.
rajeunir en passant par une dissolution préparée et exécutée par lui-même; et, comme Toiseau fabuleux, il renaît plus fort, plus brillant que jamais.
Une grande révolution venait effectivement de s accomplir sans bruit, au pied de la tribune, devant les législateurs d'une petite ile lointaine de Toccident. On y avait reconstitué le gouvernement , disposé des destinées d'un pays égal en étendue à la moitié de l'Europe. Une compagnie de marchands associés dans l'origine pour exploiter les produits de l'Inde, d'armateurs, de banquiers, d'actionnaires, était appelée collectivemenl au ministère de ces vastes régions conquises par leur audace ^ que la métropole venait de réclamer comme son domaine , mais qu'elle s'empressait de confier à leur sagesse. Une société jusqu'alors commerciale et administrative avait renoncé aux préoccupations du comptoir pour se livrer exclusivement à celles du gouvernement; elle avait dépose les registres du négoce pour saisir d'une main plus ferme les portefeuilles du commerce, de l'intérieur, des affaires étrangères, des finances, de la justice et de la guerre. En un mot, la charte de i833 venait de paraître. Elle avait établi des relations nouvelles entre les conquérans et la conquête. Sans toucher aux rouages, au mécanisme compliqué de l'empire hindoubritannique , elle en avait changé la marche en lui communiquant une impulsion nouvelle. C'est ce nou- ^ vel état de choses, ce système qui marche à côté de
I nous , en même temps que nous , depuis le 3o avril
i834, et appelé à fonctionner jusqu'au i*"" mai 1874? qu'il est pour nous d'un immense iutérét de bien