DEUXIÈME PARTIE. --CHAPITRE X
tive son riz, plante son tabac, attend la maturité de ses cannes à sucre et s'endort dans sa misère sans s'inquiéter qui gouverne dans l'Inde. Malgré l'élévation du chiffre ce n'est encore là qu'une division de la grande famille hindoue qui, indépendamment des castes, se partage en plusieurs branches différant au« tant entre elles par le caractère, l'extérieur et les coutumes, que les divers peuples de l'Europe peuvent le faire. Ainsi, comme contre-partie des races molles, pa* resseuses et lâches dont nous venons de parler^ on en trouve qui sont réellement braves, guerrières, pleines de vivacité. Parmi ces dernières se distinguent en première ligne celles du Punjab, celles du Rajpoutana et les Nairs des montagnes dont les habitans prétendent tous être khatryas ; les tribus mahrattes, etc., etc. Il nous serait impossible de donner le chiffre de leurs populations respectives entremêlées et confondues; nous nous contenterons seulement de quelques mots sur les caractères distinctifs de leur organisation.
Si nous suivons la distribution géographique , la première secte qui se présente en descendant le versant méridional de l'Hymalaya est celle desBouâdhistes« son culte est un schisme de la religion hindoue dont elle n'accepte qu'une incarnation de Yischnou. Elle compte peut-être deux millions de prosélytes. Vient ensuite la confédération des sikhs composée presque exclusivement de cultivateurs et de soldats. Ces peuples suivent les doctrines préchées dans le commencement du XVI' siècle par un saint homme nomméNanek-Shah. G'estun déisme pur basé surles préceptes de firahma, mais repoussant les idoles. Baba-Nanek comme il
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est familièrement appelé, enseigna à ses disciples l'unité de Dieu, la pratique du bien, la paix et la tolé* rance envers tous les cultes. Ses préceptes ont été re* cueillis dans le livre intitulèrent 6rfounM (le i*' Livre). Vénéré comme pontife de cette foi nouvelle, il choisit avant de mourir , pour hériter de son autorité, un de ses disciples à l'exclusion de ses propres enfans. Cette religion ne pouvait garder sa modération et sa charité presque évangélique au milieu du fanatisme violent qui l'entourait; les persécutions que les suc* cesseurs de Nanek eurent à subir de la part des MusuU mans amenèrent des modifications essentielles dans le dogme. Gourou-Govind*Sing , dixième chef spirituel des sikhs (vers la fin du xvii' siècle) persuada à ses sec* taires que les maximes pacifiques de leur premier légis* lateur compromettaient leur existence : il leur fit jurer une haine éternelle aux Musulmans. Bientôt une partie du peuple tolérant des sikhs se transforma en peuple guerrier; les combattans prirent le nom desinghsoa lions , tandis que les cultivateurs conservèrent simplement le nom de sikhs ou disciples. En opposition aux usages des autres Indiens, les sikhs dans l'on* gine n'admirent point la distinction des castes , oa du moins ne conservèrent aucun privilège. Cette secte est plus grande par l'autorité que par le nombre^ car c'est tout au plus si elle compte un million de co* religionnaires sur quatre millions desujet&
£n troisième ligne se présente le Rajasthan ou cod« £idération rajpoute, dont le territoirenoui offre à*pett* près l'image du centre de l'Europe au moyen âge. Au sommet de chaque montagne on trouve des cbâteans*
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forts^ avec des tourelles et des fossés, qui ne le cèdent en rien k ceux des bords du Rhin. « Ijà vit le noble Rajpout entouré de ses vAssaux comme les seigneurs des temps féodaux* On le voit également ceindre l'épée an jeune page et le proclamer chevalier. Monté sur un ardent palefroi , casque en tête , couvert de son bouclier et la lance à la main, il se met en campagne contre un voisin hostile dont la haine héréditaire ne peut être étouffée que dans le sang. On voit enfin les jeunes filles chasser courageusement le tigre ou soigner avec délicatesse, dans le castel de lenr père, le jeune guerrier blessé dans les combats (i). a
4. Sur les bords du Neii)uddah, au sud et à l'est du Rajpouiana, viennent ensuite les Mahrattes sectateurs fanatiques de Brahma, race grâle et cfaétive en apparence, mais pleine de vivacité et de bravoure, toujours prête à se remontrer chaque fois qu'une tourmente politique ranime leurs espérances.
Enfin, entre les Mahrattes et le golfe da Bengale, sur les bords du Mahanuddy, dans ces vaste» contrées marquées dans les cartes indiennes sous le nom de Unesplorêd OÊunirieê^ se retrouvent les dernières tri^ bus des aborigènes de rinde, disparues partout ailleurs devant l'invasion de la civilisation brahmanique à laquelle elles n* ont emprunté que sessuperstitions; ces tribus vivent encore à Tétat sauvage, ofi'rant des sacrifices humains. Ce sont les Ghounds dont k mMrable population peut compter un million d'âmes.
Après ces élémens principaux, les Gud^res ou Parsies sont un des peuples les plus remarquables et les
(1) Cômie Monstienift.
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plus progressifs de Flnde. Ils invoquent et prient le soleil comme l'image la plus noble de l'être suprême et entretiennent dans leurs temples le feu sacré comme l'émanation et le symbole de l'astre divin. Zoroastre fut le fondateur de leur culte. Descendus il y a près de trois cents ans de l'Asie centrale dans l'Inde ils se sont étendus surtout dans la partie occidentale de la Péninsule vers Surat et Bombay. Cette dernière ville à elle seule en compte au-delà de dix mille. Les plus richesrsont propriétaires de terres, commerçans, banquiers, entrepreneurs de toutes espèces de constructions. Les plus pauvres sont marchands et mécaniciens en tous arts et métiers dans lesquels il n'est point nécessaire d'employer du feu : il ne se trouve par conséquent parmi eux ni bijoutiers ni ouvriers en métaux. Il n'y en a pas non plus dans l'armée ni dans la marine , parce qu'ils ont horreur des armes à feu. C'est une race superbe; ils se distinguent de tous les autres habitans par leurs belles figures, leurs épaules larges et bien effacées, leur taille longue, et leurs jambes courtes. Leur nombre total peut se monter à cinq cent mille. Après la population anglaise, c'est la plus importante dans le pays pour ses richesses, son industrie et l'étendue de son commerce. T.ies Parsies ne s'adonnent point à l'agriculture; ils sont surtout d'excellens constructeurs de navires; les plus beaux vaisseaux de la marine royale anglaise sortent aujourd'hui de leurs chantiers. Enfin, entre les sociétés indiennes et européennes se trouve encore im anneau intermédiaire, la société des chrétiens syriaaues. Leur culte se fonde sur les dogmes