DEUXIÈME PARTIE. ^-CUAPITEE XU. 3a
idole, et qu'un lord Ellenborough fît moins dem* barras pour les portes d'un temple de Somnauth. Durant les fêtes de la Dourgah et de la Kali , déesses de la lubricité, de la prostitution et de l'assassinat, les canons du fort William ne devraient point tonner en leur honneur. Est-ce qu'un gouvernement qui se respecte devrait rendre hommage à un pareil culte? Devrait-il enfin, comme les brahmes, exploiter la crédulité des pauvres Hindous , et vivre aux dépens de la pagode de Jagarnath? Aux yeux du peuple, ces honneurs et cet impôt lui-même ne doivent-ils pas prouver toute l'importance qu'on attache à ces cérémonies? ne doivent-ils pas contribuer à les perpétuer?
De lUnêtruction primaire. — Les Anglais voudraient s'attribuer au moins le mérite de la situation vraiment remarquable de l'instruction primaire dans l'Hindoustan , puisque des calculs récens donnent pour la proportion des enfans sachant lire et écrire , le rapport de j à 5 sur le nombre total de la population, tandis qu'en France il n'est que de i à 17. Mais cette situation était la même avant eux, ellee^t la même dans tous les pays orientaux; ils l'ont trouvée toute faite et ne l'ont nullement améliorée.
Si l'on se rappelle l'organisation du village hindou comme nous l'avons exposée dans une autre partie de cet ouvrage, on verra que chaque village allouait un fonds sur ses revenus pour entretenir un brahme faisant les fonctions de maître d'école, outre celui qui était chargé du culte. Il en est de même pour les villages musulmans ; même en Âffghanistan où les An-
Sa6 L'INDE ANGLAISE EN 184S.
glais n'ont certes rien organisé , chaque localité a son tnadassah dirigé sur notre système d'instruction mutuelle par un instituteur qui jouit du revenu d'une pièce de terre affeclée à ses fonctions. Dans les villages indiens où les deux religions se rencontrent, l'école est tenue par le ministre de la religion dominante : Musulmans et Hindous n'ont aucun scrupule d'apprendre , soit à lire ou à écrire , soit les langues ou l'arithmétique, accroupis l'un à côté de l'autre.
Le système aujourd'hui généralement en usage dans les villes est celui-ci : les écoles primaires sont rétribuées non pas par le gouvernement, mais par le peuple qui y envoie ses enfans pour leur instruction. La pension de chaque élève varie suivant les localités et la position de fortune des parens , d'un anna (o,i5 à 4 roupies (ïo francs) par mois. Pour les classes peii aisées 9 la pension ordinaire est 4 annas (o,6o) et rarement plus de 8 annas (i fr. 20 cent.) par mois.
Le seul élément de civilisation que l'Angleterre ait véritablement apporté dans l'Inde, c'est le mécanisme et la liberté de la presse. Le nombre des journaux et des publications périodiques qui s'impriment à Calcutta, Madras, Bombay et autres villes considérables des provinces, tant en anglais qu'en persan ou en bengali, etc., s'élève deyh à plus de quatre-vingts; mais ces derniers , les seuls qui soient lus des natifs, sont de simples akhbars qui se bornent à donner les nouvelles du jour, ou s'ils traitent de sujets plus él^ vés, leur circulation ne s'étend guère au-delà des cheis-lieux de chaque Présidence, là seulement où ik peuvent être compris. Il n'est pas douteux que cette