‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 242 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE.— CUAPITaE XIII. 3a · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— CUAPITaE XIII. 3a

blimes reproduisant la morale et quelquefois les paroles du Sauveur et qui approchent de son Evangile autant que le génie de F homme peut approcher de TespritdeDieu; et pourtant jusqu'aujourd'hui je ne crois pas que tout le zèle prodigué parmi eux ait pro* duit un seul chrétien.

Quant aux soixante*dix millions d'Hindous , leur religion y celle des brahmanes , a été dans le principe un pur monothéisme 9 qui dans la suite des temps et en conséquence de la disposition naturelle de l'homme à formuler ses idées par des signes extérieurs, soit des noms soit des images , a dégénéré en polythéisme. Cette religion est basée sur les f^édas, ouvrage en quatre livres dont l'antiquité remonte à l'époque de la naissance de Moïse, ou i3oo ans avant la naissance du Christ, mais que la tradition religieuse fait remonter beaucoup plus haut et attribue aux Menons, esprits émanés de Brahma et chargés spécialement de la législation de la terre.

Voici un des passages les plus remarquables de ce livre : « Les anges s'assemblèrent autour du trône du « tout-puissant et lui demandèrent avec humilité ce « qu'il était lui-même, et il répondit : J'ai existé de « toute éternité et je resterai éternel ; je suis la cause « première de tout ce qui arrive à l'orient comme à « l'occident, au nord comme au sud, en haut comme a en bas; je suis tout, plus ancien que tout; je suis la « vérité, la pénétration, la pureté, la clarté, la lumière « des lumières , la préservation , la destruction , le n commencement et la fin; enfin je suis l'immensité. » Comment cette idée sublime a-t-elle pu dégénérer en

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idolâtrie? En symbolisant les attributs. Les trois grands attributs du tout-puissant, créer, conserver et détruire, ftirent désignés par les noms de Brahma^Vischnou et Schiva. L'unité divine fut ainsi d'abord changée en trinité j et chacun de ces dieux trouva des partisans distincts , selon que les esprits des uns et des autres étaient plus frappés de l'action créatrice, conservatrice on destructive. Brahma, pouvoir dormant, est le moins populaire; il est surtout adoré dans le sanc* tuaire des temples par les Brahraes auxquels il a donné son nom. Yischnou et Schiva se partagent les autres castes et leurs subdivisions.

Mais ensuite la tradition fit descendre Yischnou et Schiva sur la terre, sous diverses formes, pour prendre part k dif férens drames dans l'histoire de l'humanité. Ces apparitions furent nommées avatars ou incarna* tions. Yischnou en fit neuf et Schiva deux. Comme on attribua à chaque avatar un nouveau nom, il en résulta onze dieux nouveaux. L'humanité ne s'arrête jamais en si beau chemin; le nombre des dieux alla toujours croissant : les héros , les bienfaiteurs des peuples, les élémens, même les fleuves trouvèrent place dans ce panthéon , en sorte que la collection de divinités se monte aujourd' hui à près de trois millions, toutes înTO* quées selon les circonstances par les peuples de llnde.

ce II faut néanmoins distinguer deux cultes dans ce pays : celui des prêtres et celui du peuple. I^e dernier dégénère en véritable idolâtrie, tandis que le premier repose sur les dogmes des Yédas et Texislence d'uo seul dieu ; seulement , disent les brahmanes , il y a un trésor, une arche du temple qu'il ne faut jamais ei-

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