DEUXIÈME PARTIE.— CHAPITRE XIT
au-dedanSy en arrière: plus les nouvelles fédérations se consolideraient et gagneraient de force expansive, plus le nombre des ennemis du pouvoir actuel s'accroîtrait jusqu'à ce que la marée immense finît par l'entraîuer et le jeter après de vains efforts , tout meurtri et mourant , sous les canons de Calcutta ou de Bombay.
Nous n'en pouvons douter d'après les élémens mêmes qui composent cette vaste puissance. Du jour où une armée égale à celle dont elle pourra diepoeer au point de contact se présentera pour la combattre sur les rives de l'Indus , l'heure de sa destinée aura sonné. Au lieu de s'appuyer sur le pays elle le sen« tira se dérober sous elle, et entraînée par son propre poids s'écroulera aux pieds de son ennemi tout surpris lui-même de cette chute soudaine.
Ceci n'est point une opinion en l'air : nous avons les moyens de calculer d'avance à quelques hommes près le chiffre de la résistance dont elle est capable , et quoique ce ne soit peut-être pas encore ici le lieu d'après Tordre logique , nous lëvaluerons à l'instant avant d'aller plus loin.
Supposons qu'une armée russe débouchât sur l'Indus supérieur devant Peshawer ou Dera-Ismaël-Rhan, quelle serait en l'estimant au maximum la force de l'armée anglaise que les Russes pourraient avoir à combattre au premier point de contact?
Nous pourrons évaluer cette force d'après celle que lord Ellenborough crut devoir déployer pour frapper l'imagination des Indiens et ressaisir la haute position que le gouvernement de l'Inde occupait dans l'opinion
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des peuples avant le désastre d'Affghaûistan. Nous pouvons être sûrs qu'il avait fait subir au système toute la tension dont il était capable ; car la puissance anglaise, humiliée un moment, avait besoin de se relever de toute sa hauteur pour en impose!» au inonde. Quand il s'agissait donc de couvrir le pas rétrograde qu'on allait faire au Caboul et de recueillir les débris des pi*eralers désastres , le gouvernement âiiglo-indien rangea en bataille deux armées actives et deux armées de réserve dont on trouvera ci-contre les tableaux. Nous sommes entrés dans des détails peut-être un peu étendus et minutieux sur la composition de ces corps d'armée, mais nous avions deux raisons pour en agir ainsi t la première était de répondre d'avance à l'objection qu'on n'aurait pas bianqué de nous opposer que nous étions insuffisamment renseignés. La seconde était de bien faire comprendre aux non initiés en France et en général sur le continent les proportions dans lesquelles l'élément européen et l'élément hindou sont ordinairement repartis dans les armées de l'Inde.
La première armée active, celle du général PoUock à JuUalabad, réunissait deux divisions, composées ainsi qu'il suit :