‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 251 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE.-- CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.-- CHAPITRE XIV

Grcmdê armée de réserve, »ou$ le commandant en chef, 48,650.

ce qui donnerait pour ces quatre armées réunies

EUROPÉENS

INDIGÈNES

combalUM.

Artillerie 4,060

Cavalerie 4,400

InliADtene 40,860

connttA M*

Artillerie. . . . « . 790

Cavalerie 8,820

Infanterie 34,270

Total 43,320

Total 40,880

Total général. 54,200

Si Ton ajoute à ce total le corps d'armée qui se serait trouvé disponible, s'il n avait pas été détrmt à Caboul , et dont voici le tableau r

EUROPÉENS

INDIGÈNES

4 comp. d'arlil. à cheval. 4 30 44« régim. do la Reine. 900

4 comp. d'artill. du shah. 4 OO

2 escadr. 5* caval. régui. 3ôo 4 escadr. du shah Soujah. 60i'

3 régim. de cipayes du Bengale 3,00o

2 régim. du shah Soujah. 4 ,60u 2 cojBpagniesdeaepeurs. 2ô0 ,

Total 4,030

Total des indigènes. 5,800

Total général. . . . 6,830

Total 5,800

Il résulte que le gouvernement anglo-indien a prouvé qu'il pouvait, si les circonstances le demandaient , réunir sur la fontière du nord-ouest une armée disponible de soixante-et un mille hommes dont environ quinze mille Européens. Pourrait-il , si les Russes débouchaient quelque jour sur Ilndus supé^ rieur, présenter des chiffres plus considérables au point de contact? Je répondrai qu'avec un établissement militaire égal à celui de 1 84^ ( tout ruineux qu il était, c'est-à-dire trois cent treize mille hommes (i), entraînant un déficit annuel de 63 millions de francs sur la totalité des finances de Tlnde) , il ne le pourrait certainement pas; bien plus il lui serait impossible

(i) DédacUon faite des cinq régimens européens employés ea Oàwy et dont les frais étaient supportés par la métropole ; deux de ces régineos ont dA rester à Hong-Kong, les trois autres retourner en Angleterre; a«trement ils auraient entraîné la compagnie à de nouvelles dépenses ao-drià de l'estimation que nous avons donnée.

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de présenter le même effectif. Et voici les raisons sur lesquelles je fonde mon opinion :

i** Cest que, pour organiser la grande armée de réserve telle que nous l'avons détaillée plus haut , il avait fallu laisser à découvert des points d'une extrême importance, Les villes de Loodidnah et de K.eurnoul où Ton avait rassemblé d'immenses approvisionnemens avaient du rester chacune sous la sauvergarde d'un seul bataillon indigène. Barreillyiau centre d'une population nombreuse, turbulente et affghane d'origine , n'avait pour sa défense que deux bataillons d'infanterie indigène et trois escadrons d'irréguliers. Les garnisons de Fu t tighur , ]V(iru t , Agra 1 Cawnpore , n'avaient pas un homme à détacher. Enfin on avait tiré des Présidences de Madras et de Bombay tout ce qu'il était possible de leur emprunter. Devant l'impression morale que produirait une invasion russe , de pareilles réserves seraient tout-à-fait insuffisantes pour contenir le pays et jamais on ne ferait l'épreuve de la dégarnir de la même manière.

a*" C'est que du côté du Scinde la position est entièrement changée. Dans le tableau que nous avqns présenté tout-^i'^l'heure nous avons parlé d une armée de réserve disponible et cantonnée dans un état allié et tributaire. Le Scinde n'était alors qu'un champ de bataille fort commode dont on pouvait se retirer en laissant derrière soi de sélés partisans pour lea Anglais et de dangereux guérillas pour leurs adversaires. Aujourd'hui c'est une conquête qu'il faut enchaîner à l'intérieur et défendre à l'extérieur contre des nuées d'ennemis toujours prêts à fondre sur elle

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du haut plateau des monts Soliman. Cest donc la division Napier tout entière qui se trouve désormais et pour long-temps en échec; c*est un corps d'armée de douze mille hommes , dont deux mille Européens, sur lesquels il ne faut plus compter.

Il s*ensuivrait donc que , même en lui supposant toujours rétablissement militaire ruineux de iS^a, dans une nouvelle guerre à soutenir sur le haut Indus, le gouvernement anglo-indien ne pourrait plus calculer que sur une armée d'observation de cinquante mille hommes, dont treize mille Européens.

On me répondra sans doute que la métropole en présence d'un pareil danger armerait aussitôt sa milice et expédierait sur Bombay ou Kurachi toute son armée régulière, moins ce qui serait absolument indispensable pour maintenir l'Irlande; qu'elle retirerait aussi quelques troupes d'autres colonies moins exposées. Mais en estimant à quinze mille hommes la force qu'elle pourrait ainsi détacher, je suis certain d'exagérer considérablement le maximum ; et en supposant que la plus grande partie de ce renfort put arriver à temps pour prendre part à la première affaire, le gouvernement local ne pourrait toujours mettre en bataille que soixante et quelques mille hommes, dont vingt-cinq à vingt-huit mille Européens, ne laissant derrière soi aucune réserve , et dans l'Inde anglaise que les forces strictement nécessaires pour maintenir l'obéissance et commander les ressources. On n'aurait d'ailleurs l'espoir d'aucun renfort de la métropole avant une couple d'années , car l'Angle* terre , n'ayant pas la ressource de la conscription, ne

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lève des hommes que très lentement et à un prix ruineux par les enrôlemens volontaires , et puis il faut un an d'instruction pour faire un soldat anglais bon à quelque chose.

Cette force y l'unique rempart de la puissance anglaise dans l'Inde y se répartirait entre les différentes armes à-peu-près dans les proportions suivantes : artillerie européenne (tant royale que de la Compagnie), deux mille quatre cents; cavalerie européenne, deux mille six cents ; infanterie européenne j vingt mille ; artillerie native, douze cents; cavalerie native, sept mille six cent vingt; infanterie native, vingt-cinq à trente mille.

Accordons , et pour ma part je suis disposé à le croire , que l'infanterie anglaise soit beaucoup supé* rieureà l'infanterie russe, en lui opposant une moitié en plus cette supériorité devra être balancée. Il faudrait donc trente mille baïonnettes russes.

En supposant les cipayes même à trente mille hommes, on leur fera trop d'honneur en leur opposant quinze mille Moscovites.

Aux onze mille hommes de cavalerie tant anglaise qu'indigène , on opposera victorieusement le même chiffre de cavalerie du czar.

Enfin à l'artillerie européenne et indigène, trois mille artilleurs russes et un millier de pontonniers.

On objectera peut-être que le nouvel envahisseur devra s'attendre k avoir aussi contre lui l'armée des Sikhs dont le souverain sera forcé de marcher sous la bannière anglaise; maisc'est le moindre des obstacles dont il devra se préoccuper. Depuis qu'elle a perdu le génie

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extraordinaire qui Favait tirée du néant, eette armée livrée désonnais k une anarchie perpétuelle est redescendue au niveau de toutes les milices indiennes. Les officiers français qui lui avaient donné un commeneement d'organisation n'y exercent plus aucune influence et se hâtent de l'abandonner. Ia>in d'être utile aux généraux de la Compagnie elle ne fera que leur créer des embarras de plus par sa turbulence et son indiscipline; il vaudrait cent fois mieux pour eux qu'elle n'existât pas. La cavalerie à l'exception d'un seul corps j celui des gardes de Shere-Sing (environ oinq cents hommes bien montés) , est tout ce qu'il y a de plus méprisable dans cette arme. Avec son ébauche d'instruction Tinfanterie régulière ne vaut guère mieux et n'est pas à comparer à beaucoup près aux eipayes dé la Compagnie. Quant à l'artillerie, on pourra juger de son efficacité par le fait suivant : En janvier iS^a, le colonel Wyld voulant attaquer le défilé du Rhyber pour dégager le général Sale, bloqué à Juilalabad , et n'ayant avec lui que des artilleurs sans canons y s'adressa au général Court qui mit toutsmi parc à sa disposition. Le commandant anglais choisit naturellement les deux meilleure^ pièces; mais quand il vint à s'en servir devant l'ennemi y la première ereva à la seconde décharge et l'affût de l'autre fut hors de service au bout de quelques instans, de manière qu'il fiiUutles abandonner sur le champ de bataille.

La réunion de l'armée sikhe n'ajoutera donc rien i la force réelle de l'armée anglaise. On opposera à la cavalerie de son contingent la cavalerie affghane , et dix mille hommes de plus ajoutés à Tinfiinterie russe

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