DEUXIÈME PARTIE, «-CHAPITU XIV
suffiront non- seulement pour détruire Tinianterie sikhe j mais pour parer à tous les accidens possibles, conserver après la victoire la possession de Lahore et commander les ressources du pays.
En réunissant les chiffres proposés cii-dessus, ce s^ rait donc une armée d'invasion de soixante et dix mille Européens qui suffirait pour balayer VHindoustan depuis Attock jusqu'au cap Comorin sans trouver un seul obstacle qui pût sérieusement l'arrêter. Clive l'a dit longtemps avant moi: « L'Inde appartiendra toujours B à la puissance qui amènera sur ses champs de bataille ff le plus grand nombre de troupes européennes, p Par ces paroles il faisait entendre qiia dans toute lutte avec les peuples du nord il comptait le^ ci* payes pour rien. Il ne voyait en eux que des es* couades de police qui ne pouvaient avoir d'action que sur les timides indigènes. Personne pourtant n'a jamais mieux connu les Indiens, personne n'a su en obtenir de plus beaux résultats que le grand homme que nous citons. Il dit encore ailleurs : « Les habi*^ «E tans de ce pays n'ont d'attachement pour aupun « gouvernement; ils obéissent à celui qui leur pa^ « rait le plus fort, sans se compter euH-mémes a parmi ses moyens d'action. »
Il me semble assez curieux de comparer le chiffre que nous venons de calculer pour l'armée d'invasioui de manière à lui donner selon notre idée la certiT tude du succès avec un plan trouvé dans les papiers de l'empereur Napoléon et rapporté , je crois , par sir Robert Wilson.
Plan dé Napoléon pour une expédition dame VInde
par terre. — Elle devait avoir lieu après l'issue heureuse de la campagne de Russie :
Trente-cinq mille Russes descendront le Volga jusqu'à Astrakhan , s'embarqueront dans cette ville et iront occuper Asterabad où ils attendront Tarmée française.
Trente cinq mille Français descendront en bateaux le Danube jusqu'à son embouchure ; de là ils seront transportés à Taganrog sur des bàtimens fournis par la Russie; ils remonteront ensuite par terre le cours du Don jusqu'à Piatisbianskaia d'où ils se portm^nt à Tsaritsin sur le Volga qu'ils descendront ensuite en bateaux jusqu'à Astrakhan. IJi, enfin ils s'embarqueront pour rejoindre le corps russe à Asterabad. De cette manière le corps français arrivera dans cette dernière ville sans trop de fatigues.
D' Asterabad les deux corps réunisse porteront sur llndus.
On voit que l'empereur avait aussi calculéson armée d'invasion à soixante-dix mille hommes et la jugeait suffisante ; et certes elle eût rencontré à cette époque bien d!autres difficultés qu'aujourd'hui. Une surtout était effrayante : l'Affghanistan, dont la géographie était alors tout-à-fait inconnue et dont les tribus inhospitahères auraient infesté d'innombrables guérillas la marche incertaine de l'armée, tandis que maintenant, demain, dans un siècle encore, elles se lèveraient comme un seul homme à la voix d'un vengeur, s'appelât-il Timour , Nadir ou Nicolas. Et puis il existait encore à cette époque dans la péninsule hindoustanique des trônes indépendaus que le gou-