CHAPITRE XV
De la politique naturelle de la Russie ^ de ses devoirs ; de ses intérêts; la marche qu'elle devrait suivre.
Mais 9 dira*t-on, la Russie a-t-elle jamais pensé à déranger les Anglais dans leur conquête , à convoiter leurs possessions deTlnde? Pourquoi lui suppo* ser cette idée ? — Comme si Tattention de la Russie avait jamais cessé depuis Pierre-le-Grand d*étre dirigée de ce côté. Et pourquoi n'y songerait-elle pas? Cest non-seulement son droit , mais son devoir envers ses peuples. Cest un devoir résultant de sa position géographique. « La Russie, par sa situation a même , est de tous les états du continent celui qui « semble destiné plus particulièrement à servir d'en- « trepôt au commerce de l'Europe avec l'Asie cen- « traie. Il en résulte des droits évidens, des intérêts « actuels qui peuvent et doivent trouver leur satis« a faction. » Deux obstacles seulement s'opposent au développement de ce commerce : l'un est l'égoîsme de l'Angleterre qui ne veut consentir à aucun partage , l'autre y l'insociabilité des peuplades asiatiques voisines de la Russie* La tendance naturelle et obligée