PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE YI. i a i
On conçoit tout ce que ce traité a d'avantageux pour Je Nizam qui se trouve ainsi solder directement et indirectement deux armées anglaises répandues dans ses états, sous le commandement d'un résident britannique établi par la Compagnie à la porte de sa capitale, avec la mission spéciale de surveiller tous ses actes et tous ses mouvemens !
En échange d'une protection si libérale le prince renonce à toute alliance avec d'autres états que la (iompagnie, tant à l'intérieur qu'au dehors, et s'interdit de jamais entrer en négociation avec aucune puissance quelconque autrement que par son intermédiaire. Il s'oblige à lui soumettre tous ses différends avec ses voisins et à s'en rapporter à son arbi* trage ; il pousse même l'abnégation jusqu'à prendre les conseils du résident ou du gouverneur général à Calcutta sur toutes les questions importantes d'administration intérieure , conseils qui , comme on le pense bien , sont des ordres. Pour toutes ces concessions il est permis au Mizam d'exercer son autorité princière en fait d'administration ou de justice locale, et de nommer ses employés et ses courtisans. » Il perçoit suivant son bon plaisir les revenus de son territoire et peut disposer de ce qui en reste après déduction faite de la solde du contingent qui doit avant tout être versée dans la caisse du résident. Depuis ce dernier arrangement, le gouvernement du Nizam semblerait devoir être considérablement soulagé : en effet il n'est plus chargé que de l'entretien du contingent; ce contingent s élève à moins de douze mille hommes, et la pro-
xaa L*INDE ANGLAISE EN 1843-
tection efficace qu'il reçoit du gouvernement de la Compagnie le dispense d'entretenir d'autres troupes irrégulières. Mais rien que ce contingent dont la solde est déterminée et garantie par le gouvernement britannique, est d'un entretien si dispendieux, que les revenus dont une faible partie seulement arrive jusqu'au trésor peuvent encore à peine y suffire. Le Nizam n'est point libre d'en diminuer l'effectif; il ne l'oserait même pas, s'il le pouvait car depuis la dernière modification du traité, la Compagnie ayant établi son gouvernement ou son protectorat sur tous les pays voisins d'Hyderabad , se croit le droit et se réserve la liberté de réduire quand bon lui semble le chiffre du corps d'armée auxiliaire. IJ ne reste donc au gouvernement subsidiaire que la force armée strictement nécessaire pour sa sécurité et pour faire mouvoir son administration. Il n^y a point alors de réduction possible de ce côté; il n'en saurait faire non plus sur l'entretien de sa cour composée d'une noblesse turbulente sans ressource et sans emploi puisque la profession des armes lui est fermée, et que tous les postes lucratifs et honorables du pays sont réservés aux Européens ou à leurs créatures. I-^ Nizam se trouve ainsi dans la nécessité d'écraser ses sujets d'impôts d'autant plus vexatoires qu'il a aussi ses propres vices et ses passions à satisfaire , passions qu'il n'a plus aucun motif de restreindre ou de déguiser.
Car, pourquoi le prince soumis au régime dessiib* sides chercherait-il à mériter l'attachement de ses sujets, puisqu'il n'a pas besoin de leur assistance