‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 35 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. -^ CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. -^ CHAPITRE YI

renouveler d'année en année. L'esprit fertile de lord Wellesley ne lui fit pas défaut en cette circonstance , et lui sug^ra pour sortir d'embarras un expédient en apparence assez simple ^ mais qui, comme précé* dent, devait avoir d^immenses conséquences : ce fut de demander au Nizam de liquider , une fois pour toutes, sa dette à la Compagnie par la cession définitive d'une portion de territoire d'un revenu suffisant pour la couvrir. La Compagnie entreprendrait alors d'en percevoir le revenu et de solder elle-même Farmée auxiliaire , tandis que le gouvernement du Nizam se trouverait ainsi déchargé d'un fardeau très onéreux.

£n conséquence, le i a octobre 1800 fut signé, entre Je ^izam et le gouverneur-général^ ce traité qui a de* puis servi de modèle à tous les régimes subsidiaires, et dont voici le tableau :

i"* Alliance offensive et défensive entre les deux puissances.

a° La Compagnie se charge de toute la défense militaire de l'état allié, soit contre ses ennemis intérieurs, ses sujets rebelles ou contre les puissances étrangères. Â cet effet , elle s'engage à tenir à la disposition du gouvernement du Nizam un corps d'armée suffisant contre toutes les éventualités possibles (environ dix mille hommes de toutes armes), qui pour être plus à portée sera campé constamment aux portes de la capitale. Les dépenses de ce corps d'armée devront être supportées naturellement par la partie obligée^ c'està-dire par le Nizam. Afin cependant de dégrever le gouvernement de son allié d'un fardeau trop considé-

lao L*iNDE ANGLAISE EN 164S.

rable pour l'état de ses finances, la Compagnie acceptera, en liquidation définitive de ces créances, la cession de la souveraineté à perpétuité d'une portion de territoire d'un revenu suffisant pour la couvrir de ses frais (dans le cas particulier du Nizam , ce territoire devait comprendre toute la part des dépouilles de Tippoo qui lui avait été adjugée par les traités de 17901 et 1799, c'est-à-dire toutes ces riches provinces indiquées aujourd'hui dans les cartes anglaises sous le nom de ceded Dtêtrictê, dont le chef-lieu est Bellary, et les villes principales sont Gouthy et Cuddapah). Dans cet échange, les Anglais montrent quelque science en arithmétique : l'entretien du corps d'armée subsidiaire avait été estimé à ^4^9700 livres sterling, tandis que le revenu du territoire qu'on leur abandonnait réalisait 8o3,64i livres : cet arrangement leur assurait donc un bénéfice annuel net d'au moins 3oo pour 7o-

3*" Le Nizam s'engage à entretenir, de son côlé et à ses fi-ais, un contingent ou corps d'armée régulier, discipliné et commandé exclusivement par des officiers choisis par la Compagnie et destiné k faire spécialement la police intérieure de son territoire , mais devant en cas de besoin marcher au secours de ses alliés bien aimés. Cette armée est très certainement à lui , car elle est recrutée en son nom et soldée par son trésor; cependant elle ne reçoit les ordres qu'il peut avoir à lui donner que par l'intermédiaire de l'ambassadeur ou résident anglais qui les communi({uea son tour , par son secrétaire militaire , aux commandans anglais des différentes divisions.

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