‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 38 sur 268 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Conséquences du régime subsidiaire. — Nomination cfun ministre. — Caractères de Mtr Alum et de ChandoulM. — Correspondance de sir Henri Russel avec la Cour des Directeurs.

a Dans une série longue et continue de hontes et de malheurs, il est impossible de fixer l'époque précise où tel et tel désordre s'est introduit. Pour un gouvernement, perte d'honneur est une perte de foVce. Il ne saurait s'abaisser d'un côté sans décliner de l'autre. Plus il s'affaiblit, plus il devient avide, et c'est la tendance naturelle des maux de se propager l'un l'autre. Pourtant il n'y a pas à douter que la plupart des abus et des calamités qui désolent aujourd'hui cet empire durent leur origine ou leur développement le plus funeste au règne imbécille et extravagant de Nizam-Aly, et à l'administration tyrannique,rapaceet imprévoyante de son favori Azim-oul-Oumrah. Les amusemens de Nizam-Aly, quoique frivoles au dernier degré , étaient accompagnés d'une dépense incroyable , et le grand objet de la longue vie de son ministre parut être de fournir à ses plaisira et de le distraire de tout soin gouvernemental. Comptant sur

(i) Ce chapitre est presque entièrement extrait de la lettre de sir Henry Russel, k la Cour des Directeurs.

PREftlIÈRE PARTIE. -—CHAPITRE VU. ia5

lalliance anglaise pour le protéger envers et contre tousy pourvu que le pays produisit de Targent, n'importe par quel moyen, Azim-oul-Ounirah ne s'inquiétait nullement de la misère et des soudfrances des habilans. I^ peuple de l'Inde est peut-être moins porté qu'aucun autre à violer le i^espect que l'on doit aux morts, et cependant, quand ce maire du palais mou* rut, en 1 8o4, on vit le peuple entier d'Hyderabad sortir cette fois de son caractère et de sa dignité asiatique, et jusqu'au tombeau poursuivre le cadavre de ses exécrations et de ses insultes. »

Nous avons vu qu'un article du traité réservait au Nizam le droit d'exercer son autorité princière en fait d'administration ou de justice locale, et de choisir ses ministres et ses employés. Mais dès l'année i8o4 (à la mort d'Azim-oul-Oumrah, qui avait luimême survécu à son maître Nizam-Aly, mort le 6 août i8o'3), cet attribut du souverain ne sembla plus qu'un vain mot, et cessa d'êtœ respecté. Malgré l'opposition prononcée du jeune Nizam Secunder-Jah , fils et successeur du précédent, Mir-Alum, créature et partisan des Anglais, fut installé au ministère par Tordre despotique du gouverneur général. Les consé^juences de celte intervention étrangère furent désastreuses pour le prince et pour le pays. Ce n'est pas que Mir-Ahim ne fût sans aucun doute un homme extraordinaire. De tous les natifs de llnde à cette époque, c'était peut-être celui dont l'intelligence approchait le plus de la vigueur et de l'étendue d'une organisation européenne. Il avait un talent incontestable pour les affaires, et saisissait d'un conp-d'œil

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la substance de toutes celles qui lui étaient présentées. Mais il était dépourvu de toutes ces qualités du cœur qui suppléent souvent à l'absence des plus hautes facultés intellectuelles. Il était ambitieux , vindicatif, sans pitié comme sans retnords, incapable de se rappeler un bienfait ou d'oublier une injure; et bien qu'il affectât une grande charité et recherchât les applaudissemens populaires, il n'avait pas une sympathie pour ses semblables individuellement ou collcictivement. Par sa situation et ses talens, il pouvait faire plus de bien à son pays qu'aucun de ceux qui l'ont précédé ou suivi , et pourtant il aggrava beaucoup d'abus, n'en réforma pas un seul. Il augmenta les impôts déjà ruineux de 6 pour loo à son profit personnel, et consuma tout le temps de son administralion en une lutte continuelle pour le pouvoir avec le jeune Nizam, dont les mauvaises qualités naturelles s'exaspérèrent par ses mauvais traitemens et par des insultes journalièi*es qu'il ne lui était point permis de venger.

La conséquence, chez le Nizam, de ces passions haineuses sur un^ esprit naturellement faible fut de le désorganiser tout-à-fait; Il devint un composé étrange et morose de folie, de méchanceté, de finesse, d'artifice, de caprice et d'obstination, ne montrant de la consistance qu'en une seule idée^ une haine profonde pour les Anglais, une répugnance instinctive et aveugle pour toute mesure qui émanait d'eux, alors même qu elle lui était avantageuse. Cette disposition se trahit surtout à la mort de Mîr-Alum arrivée en 1 808. Quand il s'agit de lui choisir un successeuri le gouvernement

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