‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 45 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE VIII. i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE VIII. i

rahdar au contraire n'a qu une chose à considérer : c'est comment il tirera le plus d^argent et le plus vite possible du district qui lui est afiermé. Sa chai^ a été mise à retican ; il l'a obtenue en offrant un plus grand prix que ses compétiteurs, et elle ne doit durer qu'un temps. Il doit donc se hâter de pressurer le pays, et tout ce qu^il en obtiendra au-delà de la somme pour laquelle il s'est engagé vis-à-vis du gouvernement, sera son bénéfice. Les conséquences de ses avanies lui sont toul-à-fait indifférentes. Si le pays souffre, si les habilans abandonnent le sol, si les terres restent sans culture, que lui importe? c'est le gouvernement qui y perdra et non lui. Quand il renouvellera son bail il en ofifirira moins. Si le pays est en mauvais état son prochain marché n'en sera que meilleur. La prospérité du district au contraire serait un sujet d'inquiétude, car elleamènerait la concurrence. Ainsi, pour son intérêt personnel, Tamanidar doit améliorer le pays, l'ijarahdar devra le désoler.

La prospérité d'un pays, sous un gouvernement indien indigène, peut donc être calculée par les proportions respectives de ses terres soumises au régime de l'amani ou de l'ijarah. Plus il y a d'amani, plus il est prospère ; plus il y a d'ijarah, plus il est malheureux. Or, la presque totalité des revenus du Nizam à très peu d'exceptions près est aflPermée à l'ijarah , preuve certaine de la décrépitude du gouvernement et de la misère du peuple. Les taxes sont levées par le fermier, quelquefois en nature, mais le plus souvent en argent. Quand elles sont reçues en nature, la part du gouvernement pour le grain sec est généralement

de la moitié ; pour le riz la proportion est variable : si les irrigations nécessaires à sa culture proviennent de réservoirs construits et entretenus par le gouvernement, sa part est des trois cinquièmes ; si le cultivateur doit au contraire tirer son eau des puits du voisinage, la part du gouvernement varie entre onze et neuf vingtièmes, selon la distance et les difficultés pour se la procurer. La taxe est levée en argent de deux manières: le système s'appelle «i/ri^u^/^a quand on convient d'un prix fixé d'avance avec le cultivateur sans égard au produit ; ou bigawa^ii quand la taxe est réglée en raison du sol , de la saison et du produit. Dans ce dernier système l'impôt court sur une échelle mobile entre cinq et cinquante roupies par biga de terrain. Quelque élevées que soient ces taxes, ce ne sont pas elles qui font le malheur du pays, mais l'absence totale de toute loyauté et de toute bonne foi dans les engagemens ; car on n'adhère jamais aux conventions stipulées. Si la saison est mauvaise le fermier saisit les bestiaux du cultivateur pour se rembourser ; si elle est bonne il ne lui laisse qu'une portion à peine suffisante pour sa famille et s'empare de tout le surplus. 'J'outes les pertes sont pour le cidtivateur, tous les profits pour le fermier. Ce dernier a fait un arrangement tacite avec le gouvernement pour qu'il ne reçoive aucune plainte contre lui : il semble ainsi plutôt lever des contributions forcées en pays ennemi , que des impôts réguliers comme un receveur. Enfin, pour éviter toute discussion, tout conflit entre l'administration de la justice et celle des revenus, conflit qui ne pourrait se ternii-

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