PREMIÈRE PARTIE. -- CHAPITRE YIII. i
a cessé d'être honorable ou enviable , puisqu'il n'est plus que la créature et l'instrument de l'étranger.» Quant à la classe moyenne, la plus importante en elle-même et la plus utile au pays dans tout gouver* nemeut bien organisé, elle n'a jamais existé ou a été détruite depuis long-temps. Il ne reste aucun lien , aucun degré intermédiaire entre les deux extrêmes de la société, les premières et les dernières classes : si nous examinons celles-ci, nous trouvons qu'elles se composent de banquiers et de commerçans en très petit nombre chez lesquels se font encore quelques fortunes, de plus en plus rares à mesure que les Anglais inondent les marchés ; d'industriels et de cultivateurs qui constituent la grande masse de la population et dont la condition est aussi abjecte et aussi misérable qu'il est possible de le concevoir. Plus de la moitié du pays est un désert et partout où il y a ^culture le laboureur cherche seulement à pourvoir à ses besoins de l'année : il faut bien qu'il ait à manger pour lui et ses enfans ; mais il sait qu'on ne lui permettra de rien conserver au-delà , quel que soit le produit de son industrie : pourquoi alors travaillerait-il quand il ne doit avoir aucune part du profit? S'il a le pain du jour, il dormira sans songer au lendemain. Il s'ensuit aussi qu'une seule mauvaise récolte suffira pour produire une famine générale et enlever un vingtième de la popidation.
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