‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 52 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE X

s'initier aux pompes de FOrient. I^e Résident y trouve également son avantage : il grossit par là son cortège d'une troupe éblouissante par la richesse de ses uniformeS) les armes, les décorations^ les plumes de toutes couleurs ^ dont l'effet n'est nullement perdu sur une foule asiatique, foule toujours ébahie comme des enfans devant tout ce qui brille. Une de ces occasions allait enfin se présenter : la fête devait avoir lieu chez Cbandoulâl dans sa maison de campagne ou Bagbaderi : mais pour arriver a cette résidence il fallait traverser la capitale dans toute sa longueur ; on devait même s'y arrêter quelque temps dans le palais du ministre» Toute la société fut avertie qu'on se réunirait d*abord pour déjeuner au palais du Résidenti situé dans le principal faubourg de la cité, appelé Chadeiv ghât : c'était là que la procession devait s'organiser f et que l'oa trouverait les éléphans envoyés par le ministre pour le transport du cortège , ainsi que les gardes et les maîtres de cérémonie qui devaient l'ac* compagner.

Le jour fixé, nous partîmes efifeetivement de Bo* larum vers sept heures du matin : une belle route macadamisée, traversant un pays délicieusement accidenté, varié pendant deux lieues par des étangs^ des hameaux, des roches nues et brûlées, des plan-* tations de palmiers et de dattiers, conduit d'abord à Secunderabad, cantonnement de l'armée auxiliaire. Après l'avoir traversée dans sa largeur, la route remonte tout d'un coup un plan incliné , et quand on a atteint le sommet on se trouve sur Tesplanade d'une immense chaussée que la main de l'homme a

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jetée entravers d'une vallée. A droite, un beau lac artificiel étend au soleil ses eaux dormantes, unies comme un miroir, ou s'agite au moindre souffle du vent en petites vagues pleines d'harmonie. A gauche, une vallée d'un beau vert d'émeraude se déploie à vos pieds et s'étend à perte de vue : ce sont d'immenses champs de nelly ou de paddy : on appelle ainsi le riz dans les différentes phases de sa culture , paddy quand les tiges sont encore sous l'eau, nelly quand on a saigné le terrain. A l'autre extrémité de la digue on tourne à gauche pour redescendre dans la vallée, et l'on trouve devant soi une ruine couverte de plantes parasites et qui s'élève encore avec une certaine majesté : c'est la fonderie française , ouvrage de M. de Bussy ^ dont il reste quelques pans d'épaisses murailles. Puis viennent de délicieux jardins, surtout celui de M. William Palmer, le prince des marchands. Le joli tombeau musulman que l'on remarque à droite est celui de sa mère, la Begum, dame indienne de haute naissance qui épousa le général anglais Palmer selon le coran , c'est-à-dire, suivant les rites de sa religion.

Enfin , la grille d'une belle avenue anglaise, tortueuse et sombre , s'ouvre devant vous; deux sentinelles présentent les armes; le cabriolet s'élance sous une voûte de verdure ; quelque chose de blanc paraît derrière un rideau de feuillage : on tourne un dernier massif et soudain vous êtes frappé de l'aspect inattendu d'une des plus nobles constructions qu'il soit possible de voir. Entre deux énormes sphinx sculptés en pierre , un large escalier extérieur conduit par

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