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publiques et elle n’a nullement le souci de réclamer d’autres libertés.
Le fait de ne vouloir accorder aucune liberté aux sujets soumis est le caractère propre qui distingue la colonisation anglaise de la colonisation française. Ce caractère tient au tempérament de la race. Tout autre est le tempérament des races latines et, en particulier, de la race française. Pauvres au point de vue de l’énergie individuelle et de la puissance de reproduction, elles sont admirablement douées pour s’assimiler les races inférieures ou se fondre avec elles. Ce sont de merveilleuses éducatrices de peuples. Si le rêve de Dupleix s'était réalisé et si l’Inde était restée colonie française, elle serait aujourd’hui bien plus francisée qu’elle n’est anglicisée.
En Indo-Chine, par exemple, nous avons institué l’assimilation politique et juridique. Mais, dans ce pays, le problème se pose dans des conditions toutes particulières. T1 s’agit là, non plus de peuplades plus ou moins primitives, mais de populations mûres ou même vieilles, plutôt en décadence, et possédant une civilisation incontestable, quoique complètement différente de la nôtre. [1 résulte tout d’abord de là que les indigènes de l’Indo-Chine sont, dès maintenant, aptes à la pratique de la vie publique. En Cochinchine, ils nomment, au suffrage universel, des représentants qui siègent dans toutes les assemblées locales. Rien me sera plus facile que de leur accorder d’une manière générale les droits politiques du
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citoyen, lorsqu'ils les auront mérités par la durée de leur fidélité à la France. Il faudra seulement
prendre les précautions nécessaires pour que l’in-
fluence de l'élément européen, qui ne constitue
qu’une infime minorité dans lé pays, ne se trouve pas annihilée.
D'autre part, il y a un écueil à éviter, et l’exemple des Anglais dans l’Inde est là pour nous le montrer, À partir de 1835, sous l'influence de Lord Macaulay, on répandit chez les Hindous
l'étude de la langue et de la littérature anglai- -
ses. Les résultats moraux de cette campagne éducatrice ont été déplorables. On a complètement déséquilibré l'intelligence des jeunes Hindous ainsi élevés. C’est qu’en effet, notre culture européenne est le produit des progrès de la pensée humaine pendant de longs siècles. En voulant faire parcourir en quelques années ce cycle immense à un individu, on arrive à produire chez lui un véritable détraquement cérébral. Ces Hindous élevés à l’anglaise, ont perdu les qualités et les vertus de leur race, sans acquérir celles de l’Européen. Mécontents et déclassés, ayant perdu tout sens moral, ils forment les ennemis les plus acharnés de la domination anglaise. Puisse cet exemple nous servir de leçon et prenons garde de donner à la révolte ses chefs naturels,
Il faut donner aux indigènes un enseignement en rapport avec leur développement intellectuel et susceptible de leur être utile. Il y a dans nos programmes une foule de matières qu’il est inu-
tile, ou même dangereux, de leur enseigner. Pourquoi mettre à leur portée les livres de nos historiens propres à développer chez eux le sentiment patriotique et la haine de l’envahisseur ?
Pour terminer cette sèche nomenclature d’emplois, il ne paraît pas inutile d’ajouter qu’elle ne comprend pas des centaines de postes inférieurs tous détenus par les natifs, et ne dépassant pas -60 roupies.
Pour un Indien, dans l’Inde, 60 roupies, soit 100 francs, équivalent à 300 francs de solde en France, de n’importe quel fonctionnaire ou employé français.
Par les chiffres précédents, ils serait peu juste d'affirmer encore la médiocrité des ‘emplois réservés aux Indiens et de soutenir qu’ils n’en détiennent qu’un petit nombre.
Dans les autres provinces même, les emplois occupés par les Indiens sont encore plus nombreux.
Nous n’imsisterons plus à ce sujet.
Cest dre plus du quart, appartiennent aux.
Etats, plus ou moins indépendants, dont les terri-
| toires occupent une superficie de plus de la moi- “
tié de la superficie totale. | | Ces Etats sont au nombre de 700, certains pos-
sédant plusieurs millions d'habitants, et d'autres composés d'un petit nombre de villages seule-
ment. Tons ont conservé leurs lois, leurs coutu-
mes, leurs tribunaux et sont gouvernés par des
souverains héréditaires auprès desquels est pla
un agent politique anglais, qui n'intervient jamais | dans les affaires intérieures. L’Angleterre, par son vice-roi, protège ces Etats natifs, maintient la paix parmi eux et dirige leur politique extérieure, La plupart de ces Etats ont une armée. Cependant. l’ensemble de leurs troupes régulières est évalué à 350.000 hommes environ et 4.000 canons. Les principaux Etats natifs protégés, sont : le Rajputana, 10 millions d'habitants ; les 148 Etats