I. — HISTORIQUE
Après lord Clive, lord Cornwallis retire les Indiens de toutes les hautes charges; 'éalion et privilèges du Covenanted civil Service: réaction contre cet exclusivisme : les klarations de la Charte de 1833, de la Proclamation de 1858; le concours du Covented Civil Service ouvert aux Indiens (1833), pourquoi ils n'en profitent pas; le Statutory ervice (1870); nouvel échec; les causes; nouvelle proposition de réforme en 1886 : idian Civil Service; Provincial Service, Sabordinate Services; longs retards apportés ù iplitjuer toutes ces réformes (1887-1892). — Les réformes et les projets de réforme de rd Morley et de lord Minto; comment ils sont accueillis par l'opinion.
Lofsque, reprenant les desseins de Clive, lord Cornwallis (vice- )i, une première fois, en 1786-1793) résolut do purifier une admilistration corrompue, il se crut obligé de retirer des hautes charges resque tous les fonctionnaires indiens. Une longue habitude, que s Anglais avaient tolérée et même, par leur exemple, encouragée, 1 avait fait des praticiens émôrites de la concussion et du détourîment. Et précisément Cornwallis prétendait que, tout ce que (nde peut fournir, le profit en allât désormais à la seule Compalie. Ce résultat, il n'est pas douteux qu'il eût pu l'atteindre sans
priver de l'habile assistance des Indiens et sans froisser une opion jalouse de ses prérogatives traditionnelles. Il en décida autreent et ne leur laissa que les reliefs du festin : quelques humbles aplois mal payés. Les autres, l'usage, puis bientôt une loi (1803, îo. III, 33, c. 52, s. 57), les réserva tous aux fonctionnaires du wenanted^ Civil Service.
. On les appelait Couenan^cd parce qu'ils avaient à souscrire un covenant, une conven-
!i par laquelle ils s'engageaient, contre les avantages concédés, ù ne pas faire de
» nmerce, à ne pas recevoir de présents. Les places qui, contre cet engagement, leur
• ient réservées avaient été énumérées dans une loi de 1793. C'étaient les plus hautes
rvice exécutif, de la magistrature, de la comptabilité, des douanes, des postes,
li'ilitif[ue extérieure, etc.
I ' apposait ces Covcnaitlcd aux Uncooeiianled, qui étaient ordinairement des fonction-
I ris (]e classe inférieure.
■' ili-fois, le monopole du Covenanted Civil Service ne s'étendait qu'aux Rer/ulntions
'">, c'est-à-dire aux provinces ([ui faisaient alors partie de l'une des trois prési-
. .Mais il arriva qu'au moins quelques-unes des régions ultérieurement confjuises
lit annexées à aucune présidence; elles relevaient, pendant un temps, directement
iverneur général et, par cela mémo, échappaient à l'action de la loi de 1793. On
;"'lait (cette terminologie a disparu) Non-l{e(]ulntion.'i provinces. Là, le Gouverneur
il était libre de confier les places, ailleurs réservées aux covenanted civil servants,
igents qu'il lui plaisait. Il les choisissait ordinairement parmi ceux qui avaient
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Ce n'est qu'en 1831 qu'on revint sur cette politique : ce fut l'œuvre du généreux et clairvoyant lord William Bentinck . Il déclara ouverts aux Indigènes un certain nombre de postes élevés dans les services exécutif et judiciaire, jetant ainsi les bases de ce qui s'appelle aujourd'hui le Service Provincial. La métropole, qui l'y avait autorisé, alla même bientôt plus loin que lui. Par la charte de 1833, elle disposa que ni indigène ni sujet de Sa Majesté résidant en ces pays « ne pourra être, à raison seulement de sa religion, du lieu de sa naissance, de son origine, de sa couleur, ou de l'un quelconque de ces facteurs, réputé incapable d'occuper une place, une fonction, un emploi sous le gouvernement de la Compagnie ». Et une dépêche de 1834 de la Cour des Directeurs, qui précisait la portée de la loi, déclarait que désormais les indigènes de l'Inde seraient admis à prétendre à tout emploi pour lequel ils seraient personnellement qualifiés. Le seul critérium serait l'aptitude : à eux d'en faire preuve'.
Toutefois, dans la pratique, les postes les plus élevés restèrent aux mains du Cimt Service, qui se recrutait en Angleterre.
Lorsqu'une loi, celle de 1853, plaça à l'entrée du Civil Service un concours, les Indiens furent dûment autorisés à y prendre part. La fameuse proclamation de 1838, par laquelle la reine Victoria, après la révolte de 1837, tâcha, à force de justice, de ramener à l'Angleterre l'opinion indigène, confirmait solennellement les mêmes promesses^.
L'Angleterre, à cette période de son histoire, ne s'abaissait pas c prendre ces engagements vains, que l'inquiétude souscrit et que \i sécurité déchire. Elle avait intérêt — elle l'eut longtemps — à le; tenir. Il lui eût été avantageux de pouvoir prochainement montre) j nombre de jeunes Indiens investis de fonctions honorables et lucra ' tives. Cela eût donné un bon renom au Gouvernement de l'Inde
fité, soit comme militaires, soit même comme civils, intéressés à la conquête, et e formait une « Commission » (voir p. 229, note 2), dans laquelle pouvaient figurer san doute des covenanted civil servants, mais aussi des fonctionnaires d'autre provenance En sorte (]ue, même dans ces Non-Rerjulations provinces, les Indiens n'avaient guère plu de débouchés que dans les autres. Et leurs griefs subsistaient.
1. Celle dépêche contenait un remarquable passage dont voici le sens. Le bien qu nous ferons au pays ne se limite pas à cette concession de quelques situations. Ce n'e' là (jue peu de chose pour la masse du peuple. Ce que nous lui apportons, c'est I répression du crime, la sécurité de la propriété, la confiance qui engage l'homme produire, parce qu'il sait qu'il pourra conserver le fruit de son travail, etc. Quant à l'acc< aux fondions, il n'a de valeur qu'autant qu'il est une part de la liberté commune.