‹ L'Inde contemporaineChapitre 46 sur 166 · I. Jacquemcnt, Journal, t. III, p · texte numérisé non relu

I. Jacquemcnt, Journal, t. III, p

9'î L’INDE CONTEMPORAINE.

lutions succèdent aux révolutions; Hindous, Pathans , Mahratles, Sikhes, Anglais, deviennent tour à tour maîtres : mais la commune reste la même. En temps de troubles, les villageois prennent les armes et fortifient leurs villages. Une armée ennemie traverse le pays, les troupeaux sont rentrés dans l’enceinte des murs et on laisse passer les troupes sans les inquiéter. Si le pillage et la dévastation menacent la commune, les habitants se retirent dans les villages amis ou dans des djungles inaccessibles ; mais, une fois l’orage passé, ils retournent au centre de leurs ofccupations accoutumées. Pendant des années entières, la guerre et ses ravages, le meurtre et l’incendie peuvent s’étendre sur les villages abandonnés, une génération peut ainsi disparaître dans l’exil ; mais, dès que renaîtra l’espoir d’une possession tranquille, la génération suivante viendra relever les ruines désertes , rallumer les foyers longtemps éteints. Les fils reprennent la place de leurs pères , au soleil et sur le sol ; ils s’adonnent aux mêmes cultures, rouvrent pour ainsi dire les mêmes sillons. Cette union des familles dans un danger commun , cette organisation qui fait de chaque commune une petite république , ont tenu lieu de traditions nationales aux populations rurales de l’Inde. C’est en quelque sorte le ciment social qui a maintenu leur intégrité et leur a garanti, jusqu’à un certain point, plus de liberté et de bien-être qu’on ne pourrait le supposer dans un pays qui a été le théâtre de tant de dominations établies par la guerre ou par la violence des révolutions.

LE RAJPOUTANA.

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