I. Victor Jacquemont, t. III, p
AIIMEHNAGARA. — ELLORA. — AL'RUNGABAD. 93
. Les femmes sont plus laborieuses que les hommes; outre les provisions (l’eau et de combustible, elles sont aussi chargées de la mouture grossière du grain qui doit servir chaque jour à la subsistance de la famille. Tous les matins, avant l’aube du jour, on entend dans chaque chaumière le bruit sourd de la meule à bras , mise en mouvement par les femmes; et, circonstance qui peint bien fortement la misère séculaire de ces hameaux, jamais on n’y moud que ce qui est nécessaire aux besoins du jour, comme si l’on craignait d’attirer les voleurs par la possession d’un trésor qui leur manque souvent, un peu de farine. Une appréhension de môme nature empêche les habitants de ces contrées de cultiver des jardins autour de leurs demeures. D’autres qu’eux probablement, des bhils en maraude, des cipahis en voyage, des Européens en tournée, en récolteraient les légumes et les fruits1.
Comme aux médecins qui arrivent trop tard auprès de leurs malades, de plus grands devoirs incombent aux Anglais vis-à-vis de ces populations, dont ils n’acceptent la tutelle et le gouvernement qu’m extremis. Mais ici meme, dans les districts les plus misérables, les plus épuisés, ils trouvent un auxiliaire puissant pour la cure qu’ils entreprennent, dans le germe inextinguible de vie que l’antique institution de la commune, le pvnchaet , qui remonte aux temps de Manou, a semé dans toutes les populations rurales.
Toutes celles des villages, même les plus pauvres, forment de petites républiques possédant dans leur sein à peu près tout ce qui peut les rendre indépendantes de toutes relations étrangères ; elles seules durent où rien ne semble durable. Les dynasties s’écroulent, les révo-