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Expression de Pitt

2. Nous n’aurions pas appuyé sur ces détails, aussi affligeants pour l’histoire que déshonorants pour la civilalion de l’Occident, si la plupart des historiens de l’Inde moderne, fascinés par le génie politique d’Haslings, n’avaient montré une inexplicable indulgence pour son caractère ; si même quelques-uns n’avaient pas été jusqu’à le comparer à Dupleix ! L’accusation de concussion tomba, disent-ils, devant la médiocrité de sa fortune. Mais si elle échappait aux regards en Angleterre , celte rortunc , fruit de l’iniquité, n’en existait pas moins; et les banques d’Allemagne avaient reçu en dépôt, pendant le procès même d’Haslings, plusieurs millions de Jlorins , placés sous le nom de sa femme, JVurtembergeoise ,

. qu’un premier mari avait vendue dans l'Inde au gouverneur general , pour une somme de 250 COU francs. Haslings, on le voit, n’avait pas plus de scrupules dans sa vie privée que dans ses actes publics*.

S. Henri Martin.

* Voir, entre autres témoignages contemporains, les Voyages dans l’Inde du Hollandais Ilaafner et les notes de son traducteur allemand.

INTRODUCTION

En 4785, lorsque Hastings revint en Europe, il laissait ces deux puissances bien affaiblies. Des dissensions intestines habilement ménagées et entretenues menaçaient d’une prochaine dissolution l’édifice mahratte , et le royaume de Maïsour avait perdu son fondateur. Haïder-Ali, le plus sérieux obstacle, après Dupleix, qu’ait rencontré la puissance anglaise dans l’Inde, était mort au moment où Bussy, son vieux frère d’armes, où les flottes victorieuses de Suffren, lui amenaient un corps d’auxiliaires français, et allaient le mettre à même de réaliser, dans ses vieux jours , le rêve de cinquante ans de luttes et de combats, l’expulsion des Anglais de la péninsule.

Peu après, le traité de Versailles, qui consacra l’indépendance des États-Unis (20 janvier 4783) , avait confirmé l'abdication définitive de la France de toute action et do toute in- .fluence dans l’Inde.

Les successeurs d’Haslings, porteurs d’instructions pacifiques et réparatrices, n’eurent donc qu’à organiser définitivement l’administration des territoires désormais acquis à la Compagnie et qui comprenaient dès lors les provinces du Bengale, cju Baliar, de Bénarès , de Madras , des Circars du nord et l’île de Bombay ; c’est-à-dire une aréa de plus de 250 000 milles carrés , peuplée de 60 millions d’habitants. Mais, au bout de cinq ou six ans de paix , ils s’aperçurent que le fils d’Haïder-Ali , Tippoo- Saheb, héritier d’une partie des talents de son père, de sa puissance et surtout de sa haine pour l’Angleterre , commençait à devenir un voisin trop dangereux. Ils nouèrent contre lui une ligue avec les Mahrattes et le soubahdar du Dekkan, et se jetèrent sur ses États avant que son armée , qu’il formait à la tactique européenne , eût reçu sa dernière organisation. Tippoo, acculé sous les murs de Seringapalnam, sa capitale, fut vaincu, forcé de négocier, et dut abandonner la moitié de son royaume et 60 millions de contributions de guette aux confédérés , qui prirent en outre deu\ de ses fils en otage.

Un pareil traité préparait la chute suprême do Tippoo; un politique moins profond que lui l’aurait pressenti : aussi, depuis lors, ne cessa-t-il de s’agiter, cherchant à tous les points de l’horizon une assistance qui pût conjurer la ruine dont il était menacé. Son ambassade au roi Louis XVI , en 4 787, et, plus tard , ses négociations avec le gouverneur général de l’Ile de

INTRODUCTION

France, ainsi que l’hospitalité qu’il accordait aux débris de nos troupes réfugiées dans le Maïsour , tout devait éveiller les ombrageuses susceptibilités des Anglais. Sa perte fut dès lors résolue. Il vint une heure où un rayon d’espérance put luire dans l’âme éperdue de Tippoo. Une armée française envahit l’Égypte. Son chef jeta un moment les yeux du côté de l’Orient. Le3 rêves d'Alexandre traversèrent son cerveau. Mais rappelé en Europe par les cris de la patrie en danger , Napoléon ajourna , sans les oublier jamais, ses projets sur l’Orient. Tippoo, livré à lui-même, devait succomber. 1798 le vit disputer pied à pied ses États envahis. Il périt, comme le dernier des Constantins, sur les murs de sa capitale, et son empire dissous fut partagé entre les Anglais, leNizam et un fantôme de souverain que la Compagnie installa sur les débris du trône de Maïsour, où bientôt il ne fut plus que son pensionnaire.

Durant cette dernière période, le nom français ne jette plus dans l’Inde qu’un éclat individuel. Raymond fut le dernier de ces aventureux partisans qui soutinrent jusqu’au bout l’honneur de nos armes. Investi par la République du titre de général, il se cantonna dans le Dekkan et tenta de renouveler la brillante fortune et l’influence politique de Bussy. Nommé par leSouba moulouk , c’est-à-dire prince du sang, il pouvait exercer encore une puissante action sur les affaires de la péninsule , lorsqu’il mourut empoisonné en 1798. Son nom est demeuré dans la mémoire des Hindous comme le type des vertus chevaleresques et guerrières. Sa tombe, constamment éclairée de lampes funéraires, est encore aujourd’hui l’objet de la vénération publique.

Progrès de l’empire hindo-britannique de 1800 à 1838. — Les deux Wellesley. — Invention du régime subsidiaire.

L’empire de Tippoo détruit, le Nizam, le Karnatic, la viceroyauté d’Aoude, devenus des préfectures anglaises, il ne restait plus debout dans l’Hindoustan que la confédération mahratte, qui ne pouvait longtemps résister à la Compagnie, disposant alors d'une armée de plus de 100 000 hommes et dirigée par des hommes de la trempe des deux Wellesley , dont le plus jeune jeta sur les champs de bataille de l’Inde les fondements de sa haute renommée.

INTRODUCTION

L’aîné des deux frères , gouverneur général de 1798 à 1805 , prépara l’asservissement de tout ce qui restait encore dans l’Inde d’Élats indépendants, en inventant à leur usage le système subsidiaire , sorte do capitulation par laquelle , sous prétexte de protection , un prince indigène reçoit sur son territoire une garnison anglaise, dont l’entretien et la solde sont garantis par une hypothèque prise sur le revenu, et sur le fonds, à défaut du revenu, de certains districts délimités et choisis par la Compagnie.

Le premier rajah qui consentit à laisser enserrer sa dignité et sa couronne dans ce nœud coulant fut le chef mahratte du Guicowar; lepeichwah de Poonah, suzerain de toute la confédération, fut le second. Sa lâcheté brisa l’édifice fondé par son grand ancêtre Sévvaji. Ses principaux vassaux, les princes de Gwalior, d’Indour et de Nagpour, se soulevèrent et la guerre recommença dos bords de la Tapty à ceux du Gange. Arthur Wellesley au sud, le général Lake du côté du nord, l’éteignirent dans des flots de sang. Les provinces de Delhi, d’Agra, du Doab, une partie du Bundelcund, les districts de Kuttack et de Balasore furent les fruits de leurs victoires. Le descendant aveugle de Timour, Schah Allaum, délivré de sa prison, fut replacé pour la forme sur le trône de ses ancêtres , et de captif des Mahrattes devint pensionnaire de la Compagnie. Nul des rajahs insurgés n’obtint la paix qu’au prix d’une cession de ses meilleurs territoires et de l'engagement formel de n'accueillir aucun Européen à son service sans la permission du gouvernement anglais.... A dater de ce jour, les chaînes de l’Inde furent rivées 1 !

De 1806 à 1814, ce malheureux pays jouit enfin d’une sorte de repos dont lord Minto et lord Cornwallis, qui se succédèrent sur le trône de Calcutta, profitèrent pour organiser les conquêtes de leurs devanciers.

La guerre que lord Hastings entreprit de 1814 à 1816 contre une tribu guerrière'du Népaul, les Gourkhas, qui, ayant franchi leurs montagnes natales, s’étaient répandus en conquérants entre le haut Gange et le Satledje, eut pour résultat de faire flotter définitivement le drapeau britannique sur les sources mystérieuses de la Jumna et du fleuve sacré ; mais, localisée

1. De Bai üiicouvl, supplément au Tableau Je l’Inde, de Biornstcrna.

INTRODUCTION

dans un repli de l’Himaiaya, cette guerre n’agita pas le reste de l’Inde.

Il n’en fut pas de même de l’insurrection des Pindarries; pendant trois ans elle couvrit l’ouest de l’Inde de ruines et de sang. Du reste , les grandes armées que le gouvernement britannique crut devoir opposer à ces nouveaux routiers , ne servirent pas seulement contre leurs hordes, mais aussi contre les princes mahrattes qui, coupables tout au moins de préparatifs suspects , durent payer les frais de la guerre par des cessions de territoire. Le peichwah même fut déposé et devint un simple pensionnaire delà Compagnie, qui acquit, dans ces remaniements de terres et d’âmes, dix mille lieues carrées et six millions de sujets.

En 4 824, des hostilités avec les Birmans amenèrent hors de l’Inde les armes victorieuses de l’Angleterre. Malgré le renom belliqueux que leur avait valu , dans le siècle dernier , la conquête du Pégu et d’une partie de Siam , les Birmans ne purent empêcher une petite armée de huit mille Anglo-Hindous de remonter l’Irrawady pendant cent cinquante lieues, et de venir leur dicter une paix onéreuse sous les murs mêmes d’Ava, leur capitale. Les Anglais gagnèrent à ce traité deux cents lieues de côtes à l’est de la mer du Bengale, et 50 000 000 de francs que le roi d’Ava dut en outre leur payer comme indemnité!

En 1826, une révolution de palais appela à Bhurtpour l’intervention armée de la Compagnie. Cette redoutable forteresse fut assiégée et prise. Le rajah de fait, meurtrier de son prédécesseur, fut déposé et remplacé par l’héritier légitime de sa victime.

A partir de celte époque, l’empire hindo-britannique tout entier jouit pendant six ou sept ans d’un calme et d’une prospérité sans antécédents sous le gouvernement de lord William Benlinck. Cet homme d’État philanthrope fut le premier gouverneur général qui ne s’engagea pas dans quelque guerre considérable et qui voua tousses efforts, toute son attention aux améliorations administratives.

11 eut pour successeur, en 1836 , lord Aukland que la force des choses , plus que sa volonté , poussa dans une autre voie.

INTRODUCTION

La Compagnie et les Russes en présence dans l’Asie centrale. — Guerre impolitique et immorale contre les Afghans.

En 1838, les intrigues et les progrès de la Russie dans l’Asie centrale , l’attitude de la Perse qui manifestait des vues sur l’Afghanistan, la présence d’officiers russes sous les murs d’Hérat, assiégés par une armée persane; les dispositions peu amicales que témoignait à la Compagnie le gouvernement du Caboul, contrée qui est le rempart de l’Inde sur le plus vulnérable de ses flancs; tout ce concours enfin de causes d’anxiété et d’irritation entraîna les maîtres de Calcutta à une résolution fatale, celle de renverser le souverain régnant de Caboul, Dost-Mohammed, au profit de Shah-Soujah, ancien roi de cette contrée, d'où son indignité l’avait fait expulser trente ans auparavant, et de baser sur cette restauration la sécurité des frontières occidentales de l’Inde.

Dans ce but, une triple alliance fut conclue entre la Grande- Bretagne, Soujah et Runjeet-Singh , souverain du Pundjab, et une armée considérable d’Anglo-Hindous se réunit sur le Satledge.

Cependant Runjeet-Singh s’opposant au passage direct de ses alliés à travers ses États et n’ouvrant les défilés de Kyber, qui conduisent du Pundjab à l’Afghanistan, qu’à la famille de Shah- Soujah, les troupes britanniques durent exécuter un détour de plus de trois cents lieues pour aller chercher les passes de Bolan , au sud de cette formidable contrée. Elles se mirent en marche, entraînant avec elles un immense attirail de chariots, de bêtes de ‘somme , de bagages inutiles, et l’incroyable multitude de femmes et de non combattants qui, de tout temps, a surchargé, au grand détriment de la discipline et de la célérité, les armées de l’Orient. En avançant dans l’ouest, les Anglais purent reconnaître que le pays était d’un accès plus difficile qu’ils ne l’avaient supposé, et qu’aucun envahisseur n’v trouverait de routes ouvertes.

Le khan de Khélat, dont le territoire fut ravagé pour avoir refusé de prêter secours aux Anglais , leur prédit le sort de l’expédition dans les mêmes termes qu’employa un peu plus tard le duc de Wellington : « Vous prendrez le pays, dit-il, mais

INTRODUCTION

vous ne le garderez pas! Vous pouvez vous avancer jusqu’à Caboul ; mais quand les neiges de l’hiver auront fermé les défilés derrière vous, comment communiquerez-vous avec l’Inde? » Où sera votre retraite en cas de revers?...

Conquête rapide deCandahar, suivie d’un abandon plus rapide encore et de désastres impolitiqueraent vengés.

Les événements semblèrent d’abord donner un éclatant démenti à ces fâcheux pronostics : Quettah et Candahar se rendirent sans coup férir , Ghusni fut emporté par un coup de main, Caboul ouvrit ses portes aux vainqueurs; Dost-Mohammed, prince, intrépide, généreux, vrai philosophe couronné ', tenta en vain de tenir la campagne; abandonné de ses grands vassaux qu’iï devançait d’un siècle par son génie, il tomba enfin aux mains des Anglais qui réinstallèrent sur le trône purifié par ses vertus, son immonde rival, leur créature Shah-Soujah, monstre souillé de toutes les iniquités de Sodome et de Gomorrhe , que les peuples dans leur dégoût avaient chassé trois fois et qui, pendant trente ans d’exil, n’avait rien appris et rien oublié*.

Ce résultat obtenu, une partie de l’armée rentra dans l'Inde, l’autre resta pour soutenir son œuvre, tenant garnison dans les places fortes 'de Shah-Soujah. Les tribus de l’Afghanistan étaient agitées, le pays improductif, et dès lors on put voir que l’expédition , sans avoir été autrement désastreuse, était inutile et stérilement onéreuse. Ce ne fut pas tout.

Si dans la première campagne, le feu de l’artillerie anglaise et les baïonnettes européennes avaient eu bon marché de la bravoure indisciplinée des défenseurs de l’Afghanistan; si pendant tout un hiver les clans des montagnes demeurèrent dans la stupéfaction , dès le printemps suivant l'esprit d’indépendance, propre à tous leurs pareils, se réveilla parmi eux; une série de mesures impolitiques acheva de les exaspérer; dès novembre 1841 une formidable insurrection éclata dans le Caboul

4. Expressions de l'agenl anglais, Al. Burncs. 2. Ed. de Warren, l’Inde anglaise, t. 111.

XXVIIf INTRODUCTION.

et se répandit de vallée en vallée jusqu’aux extrémités du pays.

Un emploi intelligent des forces du corps d’occupation, de ses approvisionnements, de son matériel de guerre, eût peut-être étouffé ce soulèvement à son début , ou tout au moins l’eût réduit à des proportions sans péril pour vingt-cinq mille hommes rompus à la tactique européenne et pour l’honneur de leur drapeau ; mais de circonstances militaires résulta une catastrophe militaire. Un officier général , qui devait son grade à son âge et aux règlements anglais sur l’avancement, avait été revêtu d’un commandement dans l’Inde. Ces fonctions aggravées par l’ardeur du climat étaient au-dessus de ses forces. Le gouvernement de Calcutta eut la malheureuse idée que le climat salubre du Caboul pourrait rétablir la santé délabrée de ce vétéran, et par une inspiration plus malheureuse encore lui confia le commandement de la division cantonnée au delà du Sind. Sa santé ne s'y rétablit pas; impotent et incapable de toute initiative, il mourut au moment où le salut des personnes et des intérêts qui lui étaient remis réclamaient les mesures les plus actives, les plus énergiques. Le commandant en second, brave soldat du reste, était d’un caractère difficile, mal avec ses supérieurs et encore plus mal avec tous ceux qui subissaient ses ordres. Si bons militaires que fussent les autres chefs, nul n’étant commandé, nul ensemble ne présida à leurs opérations. Les troupes restèrent dans des cantonnements ouverts et exposés à des attaques journalières. Dans ces fâcheuses circonstances, et sous un chef haï, l’indiscipline se glissa , s’étendit dans tous les rangs des Européens. Les approvisionnements furent laissés dans des places isolées où ils devinrent successivement la capture de l’ennemi. Les mauvais sentiments se combinèrent avoc la mauvaise fortune et semèrent partout le relâchement et la confusion. L’envoyé politique près la cour de Caboul, qui seul au milieu de la démoralisation générale avait déployé quelque énergie, périt assassiné dans un guet-apens; la garnison de Ghusni capitula ; celle de Caboul, coupée de ses communications, troublée par les angoisses des femmes, des enfants, des valets d’armée qui l’encombraient, se laissa amener à traiter avec les chefs des assiégeants de l’abandon d’une ville qu’elle eût dû défendre à tout prix, et, munie d’un

INTRODUCTION

sauf-conduit qui ne pouvait être respecté, elle commença sa fatale retraite, dont l’ensemble rappelle les scènes les plus terribles de la campagne de Russie.

En sortant de Caboul, les Anglo Hindous comptaient encore cinq mille baïonnettes et un nombre triple de non combattants. Dès le troisième jour, le froid d’un hiver inconnu à l'jlindoustan fait tomber les armes des mains glacées des Cipahis. A peine entrée dans les défilés encombrés de neige, cette malheureuse troupe, surchargée de bouches et de bras inutiles, se voit en butto.au feu continu des longs fusils montagnards.

« L’artillerie et une poignée d’Européens supportent seuls les terribles combats qui se renouvellent à chaque détour, à chaque pli du terrain ; les Cipahis ne suivent plus que comme un troupeau inerte, s’arrêtant çà et là pour se rendre à merci ou mourir le long de la route. Enfin , les derniers braves qui combattent encore avec l’énergie et l’opiniâtreté de la race anglo-saxonne sont enveloppés et taillés en pièces dans le défilé deTezeen ', » où blanchissent encore les ossements de dix mille cadavres. Altérés de meurtre et de vengeance, les Afghans n’épargnèrent que les femmes et les prisonniers de marque dont ils espéraient une rançon.

De toute cette multitude dévouée à la mort ou à la captivité, un seul homme, un officier anglais, soutenu par le courage du désespoir, et favorisé par un bonheur incroyable, parvint à s’échapper et à porter la nouvelle de cette grande catastrophe a Jellalabad, où, unique débris de l’armée d’occupation, se maintenait encore à force d’héroïsme et se maintint une brigade anglaise, jusqu’au jour où une nouvelle armée, réunie dans le Pundjab , vint la délivrer et tirer vengeance des revers de la campagne précédente.

Celte vengeance s’exerça sur le sol qui fut ravagé , sur des villes qui furent livrées au pillage et à l’incendie. La responsabilité de ces représailles impolitiques doit peser sur le nouveau gouverneur général , lord Ellinborough. « Sans égard pour les sentiments de douze millions de musulmans vivant sous les lois anglaises, il ordonna la profanation de la sépulture de Mahmoud leGasnévide, héros que ses coreligionnaires vénèrent comme

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