Édouard de Warren, l'Inde anglaise, t. III
INTRODUCTION
un saint, l’enlèvement des portes sacrées qui la fermaient depuis huit cents ans et le rapt de la massue du conquérant suspendue à son sarcophage; il prescrivit ladestruction de Ghisnie, la ville sainte des Afghans , et celle du grand bazar de Caboul, leur plus beau monument’. »
Après ces exploits stériles, les troupes de la Compagnie se hâtèrent d'évacuer l’Afghanistan avant que les neiges d’un nouvel hiver eussent fermé, encore une fois, les redoutables passes des monts Soleymans. Une belle proclamation de lord Ellenborough et des ovations multipliées accueillirent leür retour dans les plaines du Salledje. Mais, dit à ce sujet un historien anglais, «les réjouissances de Férozepore, en décembre 1842, coûtèrent autant que la construction d’un chemin de fer de cent milles, et Dost-Mohammed , depuis deux ans notre prisonnier, recouvra sa liberté et un trône, dont on n’aurait jamais dû songer à l’expulser. Le seul résultat de ces déplorables expéditions fut pour la Compagnie une perte sèche de vingt mille hommes et de quatre cents millions de francs. »
Mauvaise querelle cherchée aux amirs du Sinde; leur faiblesse, leur chute , pillage de leurs trésors.
Malgré l’abandon de ses desseins sur le Caboul, le gouvernement de Calcutta n’était pas à bout de dépenses militaires. En prenant le Sinde pour base de ses opérations dans l’Afghanistan, il s’était préparé un nouveau champ d’intrigues tortueuses et de violences brutales. Trois traités successifs, en dix ans, toujours violés par les Anglais , toujours religieusement observés par les amirs, chefs féodaux du Sinde, avaient préparé cette contrée à l’asservissement. Au moment d’envahir le Caboul, les Anglais, voulant sans doute savoir jusqu’où irait la patience des amirs, leur signifièrent « d’entrer sans perte de temps en arrangement avec le Shah-Soujah, l’auguste protégé de l’honorable Compagnie, pour liquider les tributs arriérés qu’ils devaient à ce monarque, leur légitime suzerain, tributs dont le montant ne pouvaient s’élèvera moins de 5 000 000 de francs*. »
, 1 . Édouard de Warren, l'Inde anglaise, l. III, p. 377.