‹ L'Inde enchainéeChapitre 153 sur 227 · f NUE 4 Û · texte numérisé non relu

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plexité de l'Inde. Mais en fait, l'Inde possede-t-elle en la personne de ce Secrétaire d'Etat un représentant véritable ? Ce haut fonctionnaire n’est pas un Hindou, mais un Anglais. [Il peut n'avoir Jamais été aux Indes. La plupart du temps, il ne connait pas une seule langue du pays. Mais surtout (là est le point essentiel), il n’est pas choisi par l'Inde, il est choisi par l'Angleterre. Il n’est donc nullement le représentant de l'Inde, mais bien celui de l'Angleterre. Il n’a pas plus qualité pour représenter le peuple hindou qu'un homme n’en a pour représenter une société ou une corporation dont il n’a pas de lettres de créance. Il s’occupe des affaires de l'Inde, c’est vrai, mais ce ne sont pas les Hindous qui len ont chargé, ce sont leurs maiïtres.

Après tout, dira-t-on peut-être, à défaut du Parlement, le peuple anglais est là pour veiller à la protection des intérêts de l'Inde. C’est un peuple d'hommes justes et qui chérissent la liberté. Le grand publiciste Nevinson répond : « Combien d’Anglais savent-ils quelque chose de l'Inde ? Combien s’en soucient le moins du monde ? Il n’y a peut-être pas un Anglais sur cent dont la pensée s’arrête une fois l’an sur l'Inde.

Que pouvons-nous conclure ? Que l'Inde n'a pas de protecteurs, qu'elle n’en aura pas tant qu’elle ne sera pas libre, tant qu'il ne lui sera pas permis de se garder et de se protéger elle-même. Comme Ja dit Thomas Jefferson : « Les citoyens d’un pays sont les seuls gardiens infaillibles de ses droits. »

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