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protection lui accorde-t-elle en l'absence de ces garanties ?
Depuis quelques années, les témoignages les plus dignes de foi sur les brutalités subies par les Hindous ont ému l'opinion publique : perquisitions sans mandats, emprisonnements sans jugements, bombardements par avions de paysans innocents, citadins de toute une ville consignés dans leur maison, ne pouvant sortir pour chercher de l’eau ou des provisions qu’en rampant sur leurs genoux; assemblées religieuses mitraillées sans avertissement jusqu'à épuisement des munitions :
370 morts, 120 blessés, hommes, femmes, enfants, entassés sur le sol ensanglanté; prisonniers enfermés dans des fourgons à bagages sans aération et 70 d’entre eux mourant sans qu’on réponde aux appels de leurs compagnons; bien d'autres crimes presque aussi honteux que ceux-là, — voilà contre quoi le Plan de réformes ne garantit pas les Hindous. L’armée, la police restent aux mains des Anglais. La parole n’est pas libre, la presse n’est pas libre; le droit de se réunir, le droit d’être jugé en public sont retirés. Quelle valeur reste-t-il à cette « Diarchie », et comment une nation, qui se prétend chrétienne et civilisée, a-t-elle osé, en plein xx° siècle, l'imposer à un autre peuple ?
4. L’Angleterre a gardé en main non seulement tout le pouvoir exécutif, mais encore la réalité du pouvoir législatif. Ceci s’applique à la législation provinciale, et plus encore à la législation nationale. Les
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Chambres, si on y regarde de près, n'ont aucun pouvoir. Certains sujets ne leur sont pas soumis, et leur vote sur les autres peut toujours être contrecarré. Mais le gouvernement s’est arrangé de telle sorte que ses projets sont toujours réalisables, avec ou sans l’assentiment des Hindous.
Un haut fonctionnaire du gouvernement britannique des Indes disait à un Américain : « Oh! oui, nous écoutons ces gens-là, ces indigènes, dans leurs assemblées; nous les écoutons parler, discuter, plaider pour ceci ou cela, revendiquer ce qu’ils appellent leurs « droits », le « home-rule » et le reste, et puis nous en füisons à notre tête (1). »
Déclaration cynique, mais qui indique exactement la nature de la « Diarchie » et la place que tiennent les Assemblées législatives dans les décisions importantes sur toutes les affaires vitales. Et cela malgré les apparences qu'a su parfois ménager l'astuce des Anglais. C’est ainsi que les Chambres ont en main l’éducation et l'hygiène, mais les Anglais ont gardé les finances, de sorte que les députés doivent se contenter des miettes du budget qu’on leur laisse.
En fait, tout cela n’est que duperie. Le vice-roi demeure, par le pouvoir de « certtfication », un monarque absolu qui peut casser n’importe quelle décision du pouvoir législatif et imposer n'importe quel décret en « certifiant » que c’est pour le salut de l'Inde (entendez de l'Empire britannique).
Et tout le monde sait que les restrictions
(1) Mot à mot € we do as we damned please ».
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