‹ L'Inde enchainéeChapitre 192 sur 227 · AR EN ETS VEN RER A · texte numérisé non relu

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posé, mais sans succès. C’est alors qu'il nomma sa propre Commission. Il fit du moins son possible pour en assurer l’impartialité : elle se composait d'hommes connus par leur intégrité, et loyaux envers le gouvernement anglais. Ils accueillirent tous les témoignages, venus de toutes les sources possibles, et examinèrent ceux de la Commission Hunter, auxquels ils firent place dans leur rapport. Ils vérifièrent soigneusement les déclarations de mille sept cents témoins et publièrent in-extenso les six cent cinquante déclarations les plus importantes. Le rapport tout entier est d’un ton mesuré, courtois, exempt de toute violence et de toute rancune, toutes les conclusions sont appuyées sur des faits indiscutables et nombreux, et en sont tirées avec prudence et avec logique.

Dans l’ensemble, l'impression qui se dégage de l’un et de l’autre des documents est que les histoires qui coururent à cette époque sur les atrocités commises au Punjab et ailleurs par les Anglais étaient loin. d’être exagérées. Au contraire, la censure les avaient passablement adoucies. Et les affaires les plus graves avaient été étouffées.

Que s’était-il passé au juste? Y avait-il eu une révolution au Punjab? Ou tout au moins, comme on l’a prétendu, « un complot grave et étendu » contre le gouvernement? Le rapport Hunter admet qu’on n’en a découvert aucune preuve. Cette excuse

aux atrocités commises tombe donc d’ellemême.

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Y eut-il des émeutes? Oui, et en plusieurs endroits. Il y eut même des incendies, des | sabotages de voie ferrée et des meurtres. de Sept Anglais furent tués et une Anglaise = rouée de coups. Les dégâts matériels atteignirent environ deux cent mille livres sterling. Evidemment, ïl fallait rétablir lPordre. Personne ne blâäma le gouvernement d’avoir agi énergiquement et sévèrement.

este à savoir si la répression fut exercée uniquement sur les lieux du désordre et seulement dans la mesure nécessaire à le faire cesser. Reste à connaître surtout la cause des émeutes. Certes, le mécontentement régnait. Pendant la guerre, le recrutement des soldats avait pris les proportions d’une conscription déguisée. Les soldats, une fois recrutés, avaient été traités honteusement. L'accès au grade d’officier avait été obstinément refusé aux sous-officiers les plus braves et les mieux doués. Les impôts de guerre étaient écrasants. L’espionnage gouvernemental, lés arrestations arbi-

- traires, les confiscations de livres et de journaux, l’arrogance du gouvernement, la mise 22 en vigueur des Rowlatt Acts (1), tout cela .

avait créé un état d’exaspération aiguë dans tout le pays. Mais il n’y avait pas eu une seule émeute avant la fusillade d’Amritsar.

C’est la troupe et non le peuple qui prit l’ini-

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(1) Ordonnance suspendant la procédure civile et faisant de tout tribunal une sorte de cour martiale. On a pu comparer ce décret, article par article, avec le statut de l’Inquisition et celui de la fameuse « Star Chamber ».

tiative de la violence. Trois jours avant la première émeute, le gouvernement avait interdit l'entrée du Punjab à Gandhi, qui venait y prêcher la non-violence, et emprisonné sans motif deux des hommes les plus honorés d’Amritsar. Le mécontentement était à son comble. Un cortège absolument pacifique s’organisa dans le but de porter à la résidence du commissaire britannique

une pétition pour la libération des leaders

emprisonnés. Le cortège était en marche depuis assez longtemps lorsqu'il se trouva en présence de la troupe. Il tenta de poursuivre sa route. Les soldats tirérent alors, tuant une vingtaine de manifestants et en blessant un plus grand nombre. C’en était trop; la vue du sang, des blessés, des mourants, transforma cette foule paisible en une populace assoiffée de vengeance, qui se mit à arracher la voie ferrée voisine, envahit des bâtiments publics, les mit à sac et les incendia et tua plusieurs Anglais.

L'ordre fut rapidement rétabli, et il n'y eut plus que des troubles insignifiants, tous causés d’ailleurs par l'intervention brutale de la police ou de l’armée dans des cortèges paisibles. Cependant, l’atmosphère de mécontentement ne faisant que croître, les autorités militaires parlèrent « de donner a ces gens-là une leçon qu’ils n’oublieraient pas de si tôt ». Cette leçon fut, en effet, Si remarquable que le gouvernement la cacha du mieux qu’il put au public mondial, à la Grande-Bretagne, au Parlement et même au secrétaire d'Etat de l’Inde, Mr. Montaigu,

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