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et du droit. Dire que l'Inde s’est donnée à nous, c’est dire que la Pologne s’est donnée au Tsar au xvirr siècle, et l'Alsace à l’Allemagne en 1871. » L'histoire du « dépôt sacré » apparait à M. Houghton sous son jour véritable. C’est, dit-il, « pure hypocrisie ». S'1l est vrai que l'hypocrisie soit hommage rendu par le vice à la vertu, lPemploi de grands mots pour couvrir de vilaines réalités indique du moins que la civilisation moderne, si barbare qu’elle demeure au fond, commence à avoir honte de ses affinités avec l’homme des cavernes; d’où les expressions de « mandat », de « garde », de « préparation des peuples à l'autonomie ». Mais à quoi nous sert de masquer les égoismes et les convoitises par de grands mots ?.… L’Angleterre « gardienne » est une pure fiction, tous les Anglais le savent. Les seuls gardiens de l'Inde, ce sont les Hindous.
Qui peut donner un démenti à cet homme sincère ?
Cependant, l'Angleterre invoque pour rester aux Indes trois ou quatre raisons (ou excuses), qu’elle appelle ses droits et ses devoirs. Quelles sont-elles ?
1. Le temps justifie la conquête. Non. Le fait qu’un mal dure depuis longtemps ne le supprime pas, mais l’aggrave. Le fait que l'Angleterre a usurpé le gouvernement de l’Inde il y a longtemps ne lui donne pas le droit de continuer, mais bien le devoir de faire cesser au plus vite un mal qui n’a que trop duré.