‹ L'Inde enchainéeChapitre 216 sur 227 · AS LÉ A · texte numérisé non relu

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bout. Il savait que l'heure était grave. « A la fin dé cette année, — dit-1l aux membres du Congrès, — il vous faudra vous mettre à l'œuvre pour l'indépendance. Il vous faudra même déclarer lindépendance. Et quelques-uns d’entre vous, — d’entre nous, et moi-même, si Je suis encore vivant, — auront à donner leur vie pour mener à bien Ce qu'ils ont entrepris, pour annoncer au pays que l’indépendance est en vue ou que, si elle ne l’est pas, elle le sera quand ils seront morts pour elle.

Etait-1l possible à l'Angleterre de se décider en un si court délai ? Oui. Nous avons vu que l'Inde ne manque pas de chefs, ni d’administrateurs. Que ce sont des Hindous qui font tout le travail pratique dans la plupart des services du Gouvernement, pendant que les Anglais veillent à faire passer en premier l'intérêt britannique et récoltent les hauts traitements et les honneurs. I ne manque pas d’Hindous capables de les remplacer avec avantage et économie.

Il ne faut pas croire, lorsqu'il est question du « départ » des Anglais, que les Hindous entendent faire quitter l’Inde à tous les Anglais qui y sont établis. Les hommes d'affaires, les commerçants, ne seront pas inquiétés. Sans doute, le Gouvernement “hindou lui-même, comme celui du Japon, emploiera des spécialistes étrangers, professeurs d'université, ingénieurs, experts, techniciens, etc. Il s’est répandu à cet égard une impression tout-à fait erronée. On s’est imaginé tous les étrangers, Anglais et autres, chassés de l'Inde avec « armes et bagages ».

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C’est une absurdité. Mahatma Gandhi a dit et répété que les Anglais seraient appréciés s'ils restaient comme commerçants, hommes d’affaires, éducateurs, que le Gouvernement garderait même les fonctionnaires qu’il jugerait qualifiés. Mais que les Anglais ne pourraient plus se considérer comme les maîtres tout-puissants, et garder le monopole de l’exploitation du pays. Il faudra simplement qu’ils prennent place à côté des Hindous, comme citoyens, et non au-dessus d'eux comme maîtres.

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