‹ L'Inde enchainéeChapitre 56 sur 227 · LAN Y CAIN U · texte numérisé non relu

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au Jugement de 1éricains pour se persuader que les anglais sont aux Indes pour des raisons tout autres que désintéressées.

Dés 1864, — G. O. Trex ee dans un livre qui & ft sensation à l’époque éerivait :

« Il n’est Darac onne aux Indes qui ne COnsidère notre pré Mention de gouverner le pays pour le bien de ses habitants, comme une détestable tartufferie, indigne des Anglais.»

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Mr J. A. Hobson, dans un article de Îla revue The Ethical World, daté de février | 1899, tout en louant les fonctionnaires de | l'administration des Indes, déclare que : chercher à faire croire que ces hommes j passent là-bas vingt ans de leur vie dans Pintention philanthropique de porter dignement lé « fardeau de l’homme blanc », ce sont de grossières sornéttes, bonnes pour la tribune de la « Primrose League » (4).

Dans un article de Empire Review (fe- ee vrier 1919), Mr. Justice Beaman, juge de la Es Hauté-Cour de Bombay, écrit: « Nous ne n'avons pas pris l'Inde, nous ne gardons : pas l’Inde pour les Hindous. Nous ne pouvons tenir pour légitimes que les revendi- | “ations auxquelles nous pouvons faire droit sans ébranler la suprématie de l'Angleterre aux Indes. »

Sir William Joynson-Hicks, secrétaire = des Affaires Etrangères dans le Cabinet } Balwin, dit la même chose en termes aussi forts : « Nous n'avons pas conquis lInde pour le bénéfice des Hindous; je sais qu'à des réunions de missionnaires, On dit que notre but est d'élever les Hindous. C’est de la duperie. Nous avons conquis l'Inde pour écouler nos marchandises. Nous lFavons conquise par Pépée, et nous devons la garder | par lPépée.…. »

+ Au printemps de 1920, la presse périodique lança des enquêtes sur les questions

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(1) Club conservateur et impérialiste fréquenté | “par la plupart des hommes politiques de droite. . N. du FT, |

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suivantes : Pourquoi la Grande-Bretagne est-elle aux Indes ? Quelle est la valeur de l'Inde dans l’Empire britannique ? Pourquoi faut-il garder lInde ? Dans les multiples articles que suscitérent ces questions, on trouvait bien ça et là quelques allusions aux « responsabilités », aux « buts humanitaires », au « bien de l'Inde », mais on voyait bien que les auteurs en parlaient par convention, et pour mettre leur conscience à l'aise, et passaient vite à d’autres ordres de considération. De tous ces articles, il ressortait clair comme le jour que l’Angleterre est aux Indes et entend y rester à cause de la valeur des Indes pour l’Empire, de son apport financier, industriel, commercial, politique, militaire. Certains auteurs insistaient sur sa superficie et sa population énormes qui, perdue et hostile, la rendraient « presque aussi formidable que la Chine ». Le Grand Chancelier lui-même s’en mêla, insistant sur l’idée que l’Inde est indispensable parce qu’elle contribue d’une part au commerce et à la fortune de l’Angleterre, de l’autre à son prestige et à sa puissance. « Ce que l'Inde apporte à la Mère-Patrie est incalculable », dit-il (comme si l'Angleterre pouvait être en quelque facon la Mère-Patrie de l'Inde). « La Grande-Bretagne a toujours tiré de l’Inde d'immenses quantités de produits alimentaires et de matières premières essentielles à ses industries. Sur l’exportation totale de l'Inde, qui avant la guerre valait à peu près 150 millions de livres sterling, plus de 40 allaient à l'Empire, dont

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