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et marri, notre Hindou veut en s’en allant traverser un jardin public verdoyant, il trouve que les plus jolis endroïts en sont « réservés aux Européens ». Il avale la couleuvre, se demandant où aller pour éviter de se heurter aux marques de son infériorité et de son impuissance.… »
J'ai lu dans un autre journal de Calcutta cet incident minime mais significatif. Des enfants jouaient au football dans un terrain vague des faubourgs. Le ballon mal lancé vient tomber sur la route, près d’un cavalier anglais dont le cheval bronche. Les enfants s’excusent, mais l’Anglais exige qu’on lui tende le ballon, et le crève à coups de canif. Voilà des enfants qui ne cesse-
ront plus d'associer l’idée de l’Angleterre È o
au souvenir de ce tyran.
Autre scène familière, constamment répétée. Si un Anglais en se hâtant sur le quai d’une gare, heurte un compatriote, 11 s’excuse poliment. Mais s’il heurte un pauvre marchand de bonbons, faisant tomber la corbeille qu’il porte sur sa tête, et se répandre dans la poussière les pauvres choses qui devaient lui donner du pain, il ne se retourne même pas.
Fn décembre 1908, dans un discours à la Chambre des Communes, Keir Hardie relata ce fait, dont il avait été témoin au cours d’un récent voyage aux Indes.
« Un Hindou bien connu pour son activité dans l’œuvre des missions, et très en
vue auprès du gouvernement britannique,
était allé à la rencontre d’un de ses fils qui revenait d’une université anglaise. Il
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avait gardé deux places dans un compartiment non réservé aux Anglais, mais où s’étaient installés deux fonctionnaires britanniques. Quand le jeune homme vint y rejoindre son père, ces messieurs protestèrent contre l’entrée « d’un autre chien de nègre ». Hardie répète cette histoire entre bien d’autres dans son livre {ndia, et dit qu’il écrirait des volumes sur « Îles injures, les mépris, les insultes » dont les Anglais abreuvent les Hindous de tout rang sans excepter ceux qui sortent des universités anglaises.
W., W. Pearson, un Anglais qui fut pendant quelque temps professeur aux Indes t accompagna Rabindranath Tagore dans
e Pun de ses voyages en Europe, a publié un
petit livre, For India, plein de faits de même nature. « Je me rendais aux Indes », dit-il, « sur l’un des grands paquebots, en compagnie de trois Hindous éminents, un
magistrat musulman, un professeur de collège, et l’un des principaux notables de
Delhi. Nous étions en première classe. Mes compagnons furent, dès le départ, ignorés du reste des passagers. Leurs voisins de table, non contents de ne pas leur adresser la parole, échangeaient à leur sujet des remarques désobligeantes. Ce n’est pas un cas exceptionnel; il se produit sur tous les steamers transportant des Anglais et des Hindous; si un Anglais proteste là contre ou simplement se montre courtois envers
les Hindous, il partage la quarantaine. »
« … L’atmosphère de la vie officielle aux
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de la croyance que le meilleur moyen de sauvegarder le prestige du gouvernement britannique est de faire sentir aux Hindous de tout rang leur infériorité. Pour soutenir la dignité de l’administration, le fonctionnaire anglais croit souvent qu’il faut mettre de côté toute considération de politesse et obliger le « natif » à rester à sa place et à implorer les faveurs de son auguste maitre. »
D’autres témoignages nous montrent des Anglais interdisant aux Hindous lentrée des bibliothèques « publiques >» (à Mussoorie par exemple) ; d’autres encore dénoncent l'attitude insultante de la presse souvernementale des Indes. L’exclusivisme des clubs anglais qui «existent dans toutes les villes hindoues leur fait interdire leurs salons à tout Hindou, fût-il de sang royal :
le prince d’un des Etats de l'Inde, qui de passage à Londres avait été invité à dîner avec le roi à Buckingham Palace, n’en continua pas moins à n’être pas admis dans les clubs européens, après son retour aux Indes.
Mr. Eardley Norton, un Anglais qui a vécu aux Indes pendant quarante ans, en contact journalier avec la population, écrit :
«… L'ancien sentiment de considération pour les Anglais est mort. Au cours des années, J’arrogance d’une prétendue « supériorité raciale » a empoisonné les relations sociales et personnelles. Dans la vie privée, il faut condamner ce sentiment de supériorité comme injustifiable et grossier; dans la vie publique, il est dangereux au point de vue politique. » Mr. Norton ana-
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