‹ L'Inde enchainéeChapitre 70 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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Les Anglais ont imposé leur langue comme langue officielle. Dans toutes leurs relations privées, officielles où commetrciales avec leurs vainqueurs, les Hindous sont obligés de se servir d’une langue qui leur est étrangère. Et la façon dont ils s’en servent excite la raillerie, injuste et blessante s’il en fut, des Angliais. Une expression qu'on entend constamment répéter >artout où il y a des Blancs, c’est « Babu English », l'anglais des Babous (1). Elle est prononcée sur un ton de raillerie méprisante. Ces moqueries poursuivent avec un

un des peuples les mieux doués intel- ' nt de toutes les Indes, et l’un des mieux doués du monde dans le domaine linguistique. Si la situation était renversée, si l’on obligeait les Anglais à écrire el à parler en toute circonstance le bengalais, lhindoustani ou le tamoul, seraient-ils plus habiles ? Leurs rares tentatives de

(1) L'expression française « petit nègre > donnerait peut-être un peu la nuance de mépris que les

Anglais mettent dans « Babu English ».

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très brillantes. Pourtant, dans ces cas-là, les Hindous ne se < moquent pas d'eux. N'est-ce pas parce qu'ils sont plus magnanimes ?

Il nest pas FER que les Anglais détestent davantage et prennent plus de soin à humilier que ceux des classes cultivées. Les autres, ils les négligent, les dédaignent et les traitent presque en esclaves, mais ils ne prennent pas la peine de les blesser, de les humilier savammeni, comme eux en qui ils sont bien obligés de reconnaître des égaux par lintelligence.

C'est ce De dénonce Sir Henri Cotton en ces termes : « La seule idée de légalité irrite les Anglais; D'us un Hindou est cullivé, in telligent, savant, plus ils sont jaloux, plus ils le détestent. Ils ont plus d’indulgence pour les indigènes qui baragouinent

anglais que pour ceux qui le parlent COr- ‘ectement. Aux Hindous cultivés, ils préfèrent les plus arriérés, ceux qui ne songent pas a prétendre à légalité, Cela ex pliq ue l’acharnement contre le Be ngale qui compte plus de gens cultivés ou savants que les

autres provinces (4) et, partant, plus de ch fs, plus d’apôtres dans la lutte pour la Jerté. L'ex- vice-roi, Lord Curzon, qui rest point suspect de partialité envers les indou $, Mais qui a le sens de la ee a déclaré en 1906, au dîner annuel de « Incor-

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(i) Entre autres, pour ne citer que des noms çconnus dans le monde entier, le juriste Ghose, le botaniste sir J.-C. Bose, le savant P.-C. Roy, le poète Rabindranath Tagore.

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