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Un journal hindou (The Democrat, d'Allahabad, 5 juin 1921), dit : « Kipling parle du fardeau de l’homme blanc. Il a en Angleterre des admirateurs et des imitateurs sans nombre. Mais nous, Hindous, trouvons l'homme blanc plein d’arrogance ‘et de vanité. Avec leur conception égoïste de la « supériorité raciale », les Anglais parlent d’instruire les Hindous dans l’art de se gouverner, comme si notre antique nation qui pendant des millénaires a ete indépendante, avait à s'asseoir en écolière aux pieds de ceux qui s’arrogent le titre de maîtres, pour apprendre les rudiments. »
A la fin de 1933, le gouvernement britannique envoya aux Indes une commission intitulée « Royal Commission on Public Service », chargée d'examiner le travail de Fadministration. Le but avoué était une répartition adéquate des emplois entre Anglais et Hindous. En réalité, il s'agissait de retenir autant d’Anglais que possible en
fonction, et par surcroît, d'augmenter leurs
traitements déjà fort élevés (À).
Composée presque exclusivement d’Anglais, la Commission entreprit son enquête dans ce même esprit de supériorité et d’arrogance qui a déjà été dénonce. Elle posa à une importante association de fonctionnaires Hindous, cette humiliante question:
« Quelle proportion de fonctionnaires anglais jugez-vous nécessaire de garder dans les services pour en assurer la bonne
(1) La Commission fit voter un supplément de
25 millions de roupies (40.000 francs or) pour le
relèvement des traitements.
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marche et sauvegarder la sécurité de l'Inde ? » Dans leur réponse courtoise mais catégorique, les fonctionnaires hindous déclarèrent ne voir aucune utilité au maintien des fonctionnaires anglais dans le but d'assurer la bonne marche des services et la sécurité de l'Inde. « Aucun Hindou qui se respecte », déclarent-ils, « ne peut prendre en considération ces suggestions outrageantes. Nous ne croyons pas que l’élément européen soit nécessaire à la bonne marche des services. Nous avons vu les Européens à l’œuvre d’assez près, nous avons eu assez d'occasions de comparer leur travail au nôtre pour être péniblement surpris de voir que des Anglais (cependant bien placés pour juger) nous dénient certaines qualités administratives et autres, qu'ils sont supposés posséder. Nous ne voulons pas faire notre propre éloge, mais nous désirons faire remarquer que ceux qui affirment notré infériorité sont ceux-là et ceux-là seulement, qui, se targuant d’une supériorité raciale,ne veulent nous admettre dans aucun emploi où nous soyons leurs égaux. Leur verdict doit être soumis à un examen serré et impartial, Nous accueillons volontiers les Européens comme collègues dans les divers services de l'administration, mais nous répudions expressément leur prétention à une supériorité absolue sur les Hindous, soit comme fonctionnaires, soit comme hommes. »
Cette fière réponse caractérise bien lesprit nouveau qui commence à se faire jour dans toute l’Inde. Les Hindous redressent
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